132 Vues sur la Théorie de la Terre.
présente la tourbe, espèce de couche très-interrompue, que fai prouvéene devoir son existence à aucune cause violente ni étrangère, mais auxvégétaux mêmes dont elle est composée, qui, nés en partie dans l’endroitmême en partie fort près de l’endroit qu’ils occupent encore, ont formépar leur décomposition imparfaite d’année en année une couche, très-minceà la vérité, mais qui par une suite de siècles a acquis l’épaisseur que nouslui voyons. J ai fait voir de même que la terre qui recouvre la tourbe doitson emplacement actuel aux eaux de pluie et aux vents, qui en ont dé-pouillé les collines voisines pour en revêtir la tourbe. Suivent immédiatementles cailloux, qui, de même que le sable, le gravier, et l’argile qui les en-vironnent, sont en partie nés dans le lieu qu’ils occupent, en partie y ontété amenés de loin par les eaux. Viennent enfin les couches inférieurescalcaires et sabloneuses, dont les dimensions sont proportionnées à la ma-jesté de la cause qui les a produit, et qui par le nombre, la situationet l’arrangement des fossiles, accidentels quelles renferment, donnent destémoignages parlans de l’Empire dont la mer a joui pendant une longuesuite de siècles sur notre sol. On peut donc conclure, que ce sol doit saformation aux dépôts de la mer, et sa modification aux dépôts des riviè-res, aux végétaux, à l’eau de pluie, à l’air, et au soleil.
Les preuves multipliées de ees assertions, que l’on trouve dans le coursde eet ouvrage, sont si démonstratives; il est si facile à tout observateur. de s’en convaincre par l’inspection des couches mêmes, que je pense qu’onne peut former aucun doute raisonnable à ce sujet, et que ce que je viensde dire touchant nos couches, présente autant de vérités géologiques quede propositions. Il est deux autres vérités incontestables nées de la massetotale de mes observations : la première que tous nos fossiles accidentels ontpris naissance en €e pays ; la seconde quon ne peut assigner à aucun de cesfossiles son analogue entre les productions de la nature qui vivent actuellemententre le et le ^ o degre de latitude septentrionale , mais que tous ceuxdont l’analogue est connu ne le retrouvent que parmi les habiians actuels de laZone Torride. D’où il s’ensuit, que ce pays a eu autrefois le même climatque les pays aujourd’hui voisins de l’équateur.
Je ne crois pas qu’aucun partisan des systèmes du déluge ou des volcans,après avoir lu mon ouvrage et confronté mes assertions avec la nature,s’avisera de nier que nos fossiles accidentels soient nés ici : or dès qu’onaccorde cette naissance, il devient inutile de disputer l’analogie de ces fossi-les avec les êtres vivans dans la seule Zone Torride, puisqu’aussi bien onne peut plus les attribuer ni au déluge ni aux volcans. Sans cela on ne fe-roit point scrupule d’invoquer les abytnes des mers du Nord, où l’on atrouvé moyen de loger à volonté, et Cornes d’Ammon et Bélemnites etAnomies et toute autre espèce perdue de corps marins, selon que le be-soin du système Fexigoit : car personne ne sera tenté d’y aller voir, pouracquérir le droit de dire, qu'ilny a rien trouvé (i). y 0S e donc me flatter,
( 3 ) M. Pallas dans ses observations sur les montagnes donne une preuve frappante du parti que l'on peut