110
Nouvelle modification de la lumière
Les phénomènes résultants de l’influence des rayons diffractéspar des ouvertures rondes ou angulaires peuvent varier à l’infini,mais on pourra toujours les ramener aux mômes lois.
Les parties très-minces de la barbe de la plupart des plumesd’oiseau, vues par le microscope, contiennent de petits intersticestrès-réguliers. Un oeil non armé qui contemple à travers la barbed’une telle plume un point lumineux très - éclairé, sans être cepen-dant trop près de l’observateur, reconnoît des spectres dont lasituation a quelque chose de particulier. Au moyen d’une barbepareille, placée devant l’objectif de la lunette, on voit des spectresde première et de seconde classe. Les spectres que l’oeil nonarmé peut reconnoître sont ceux de première classe. Us sont très-grands, mais peu intenses. Voilà pourquoi il faut pour les remar-quer, faire attention à l’éloignement où ils sont de l’axe.
Avec quelques réseaux à fils parallèles on croit remarquerdans le champ de la lunette, hors de l’espace qu’occupe la largeurdes spectres, et par conséquent dans les parties non éclairées, lesfils du réseau, ce qui ne sauroit cependant avoir lieu, lorsqu’onregardant par la Innette, on suit la route que prend la lumière.On pourroit peut-être croire que la lumière y parvient en seréfléchissant deux fois dans l’intérieur de l’objectif; mais il est facilede se persuader du contraire, car on peut faire avancer ou reculerl’oculaire de tout un pouce, sans que pour cela on cesse de voirles fils. Ces fils ont aussi une couleur particulière ; l’un est d’unrouge tirant sur le jaune, l’autre d’un bleu tirant sur le vert;le troisième est de nouveau d’un rouge tirant sur le jaune etainsi de suite. Dans quelque autre occasion je reviendrai surcet objet.
Le phénomène que l’on aperçoit dans le champ de la lunettelorsque la lumière arrive à l’objectif par un écran d’une ouverturetriangulaire équilatérale est aussi fort intéressant.