xb PRÉFACE.
cadémìe des Inscriptions fut ce qui donna lieu à une Thèse soutenueà Strasbourg le 6 Novembre 1770, sous ìa Présidence de M» Jérémie-Jacques Oberlin , intitulée : Prifia jungendorum marium fluviorumquemolimina y cette Thèse augmentée par l’Auteur, a formé un Ouvrageplus considérable qui a paru en 177 J fous ce titre, Jungendorum ma-rium fluviorumque omnis ctvi molimina , Argentorati , apud Jo.Frid. Stein 9177 j, 1 6j pag. in-4 0 . J’ai joint aux recherches de M. le Blond plu-sieurs réflexions, Sc fur-tout plusieurs citations qui m ont été indi-quées par ce savant Ouvrage de M. Oberlin, Sc ensin j’ai fait usagede plusieurs notes de M. l’Abbé Brotier, dont l’érudition est si con-nue , Sc qui a bien voulu me faire part de fes recherches à ce sujet.
Non-seulement les anciens creusoient des canaux , mais ils pre-noient grand foin de la navigation des rivières : dans une lettre furles ruines de Saint-Estève, ou de f ancienne Tegna ( Journal des Sa -vans 9 Déc . 177 6,) on rapporte une inscription Romaine à l’honneurd’Adrien,consacrée à ce Prince par les Nautonniers du Rhône ; Sc Tonen trouve une autre dans Gruter > où ils font traités de compagnieîrès-distinguée % fplendidi$ìmi corporis Nautarum Rhodankorum & Ara -ricorum (Gruter 425.) Ceux de Paris avoient fait ériger un monu-ment, qui fut découvert en 1710 dans l’Églife de Notre-Dame deParis, {Journal des Savans , IJJI» Hiftoire de t Académie des Belles-Lettrès ,T. II. in-12, p. 370.) M. Baudelot prétend que ces Nautce étoient desCommerçans ; M. de Mautour n’y trouve que des Bateliers ; l’Auteurde la lettre que nous citons croitque c’étoit le Corps Nautique,& pourainsi dire 1 Amirauté de la flotte du Rhône :1a notice de l’Empire faitmention des flottes qui étoient établies dans la Sambre,la Seine, leRhône Sc la Saône, Sc y avoient leurs bassins ; le prœfeclus clajfisJluml -ais Rhodani résidoit à Vienne ou à Arles - suivant 1 anotice des Gaules ;ainsi ce Corps de Marine étoit bien composé , ce qui prouve quela navigation des rivières avoit attiré la plus grande attention de lapart des Romains.
Nos Rois s’en font occupés très-souvent, comme on le verra dansdifférens endroits de ce livre : «fan mil cinq cent soixante Sc douze,3) dit Scaliger, le Conseil privé du Roi députa des hommes expertspour visiter toutes les rivières du Royaume, Sc voir celles qui pou-voient porter bateaux : dont ces hommes retournés de cette com-» mission, déclarèrent au Conseil beaucoup de rivières navigables3> qui auroient été toujours inutiles. C’est pourquoi par Arrêt du» privé Conseil, il fut ordonné que les écluses de moulins feroient» ouvertes - Sc tous autres empêchemens ôtés. Quand ce vint à l’exé-