DE LANGUEDOC, Chàp.Í. 9
diminué la dépenso. Il ne proposoit cet expédient que d’après les asturancesque lui avoient données certains habitans du pays ; mais il est bien constantaujourd’hui qu ils étoient dans Terreur»
18. On s’occupoit en même-temps des moyens de faire les fonds de cettegrande entreprise, 8 c de fe procurer les sommes considérables qui étoient nécefíàires pour Texécution de ce Canal. Il n étoit pas douteux que la Province deLanguedoc en devoit retirer la plus grande utilité ; il étoit par conséquent naturelqu elle y contribuât. Le Roi chargea le Prince de Conti de demander des secoursa cette Province : 8 c ce Prince prononça dans i’Assembiée des Etats le discourssoivant.
Ceux qui ont fait attention à la grandeur 8c à f étendue du Languedoc, ont ccavoué qu il n y avoit point de Province que le Ciel regardât d un œil plus «favorable, où il versât une plus grande lumière, 8c où la terre produisît avec ctplus d’abondance toutes les choies néceíïàires à la vie. Si Ton avoit quelque «chose à desirer pour l’achévement de son bonheur, Ton auroit souhaité le réta- ctbliífement du commerce 8c des manufactures, un Canal pour la communication ccdes Mers, 8c un Port pour débiter leurs fruits , 8c recevoir avec facilité ce qui «vient du pays, étranger ; mais ces souhaits auroient paru plutôt Teffet de l’inquié- «tude de l’eíprit, qui désiré toujours les choses qu il n a pas, que la possibilité ccde vaincre en cette occasion les obstacles de la nature, «
L’on a disouté la possibilité de la jonction des Mers; cette pensée hardie qui cta été l’objet des souhaits de quantité de Princes depuis plusieurs siècles,fe trouve ctune chose facile dans Texécution. Il a dé j a été dépensé iooooo liv. pour en ctfaire faire Testai, 8c convaincre par une expérience sonsible de la possibilité de ct1 ouvrage que nous avions dé j a reconnu faiíàble. «
L’on cherchoit autrefois de toutes parts des hommes iritelligêns dans la ctconnoissance de la conduite des eaux, pour couper des montagnes 8c embellir ctdes Palais que Ton bâtissoit du íàng du peuple ; présentement Ton détourne ctle cours des rivières, Ton rassemble des eaux de toutes parts, on les conduit ctavec soin, avec artifice 8c dépense ; mais ce n est, ni pour embellir le jardin de ctLucullus, ni pour satisfaire au luxe de Séjan ; tout fe rapporte au bien ctpublic, a la grandeur de l’Etat, 8c à Tavantage des peuples, ct
De toutes ces dépenses qui fe font pour le Languedoc, le Roi veut en laisser ct1 utilité , il ne s’en réserve que la gloire. Sur une proposition semblable faite ctaux Etats de Bourgogne, cette Province a accordé 500000 liv. pour un ouvrage ctqui n en devoit coûter que 200000. cc
Si je parlois devant d’autres que ceux qui composont cette Assemblée, je ccles exçiterois à songer à Tavantage qu’ils doivent recevoir de cet ouvrage ; ctruais 1 on auroit raison d’être étonné qu’il fallût user de la voie de la persoasion cc _
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autorité, pour vous porter à un dessein que vous devez souhaiter, «
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que vos Députés devroient demander au Roi avec la même instance que cte alut Sc l a liberté de la Province. cc
Je fais qu un Canal de communication des Mers est inutile, s’il n’y a uìi ccort p°ur 1 entrée ■& pour la sortie des marchandises ; 8 c que si quelque chose «
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Oemìndes faite?aux Etats de Lan-guedoc
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