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HISTOIRE DU CANALla construction du Canal. Le Roi ordonna en même-temps la vente de quelquesoffices , pour augmenter les fonds nécessaires à la construction.
Le Canal vendu 22 . II faut observer quavant de rendre cet Edit, il avoit été agité dans leen:omepiopnete. (^opMl s il convenoit aux intérêts du Roi & du Public, que Sa Majesté retînt
la propriété du Canal, ou s’il étoit plus convenable d’en adjuger la propriété àdes Particuliers. Il fut décidé qu un ouvrage qui demandoit tant d’attention,d’habileté 8c de dépense, ne pouvoit être abandonné , fans de très-grands incon-vénients , aux foins & à la régie publique, 8c qu il étoit plus sûr d’en confier laconduite, 8í d’en accorder la propriété perpétuelle 8í incommutable à un Parti-culier intelligent, qui pût le maintenir par une vigilance continuelle, 8c qui eûtintérêt à le faire, comme étant íà cbofe propre.
Ce fut d’après cette persuasion qu’il intervint un Arrêt du Conseil le 7 Octobresuivant, avec des Lettres-Patentes, par lesquelles le Roi voulant expliquer pluspréciíement íès intentions íùr la propriété du Canal, du fief & du péage, ordonnaque les Adjudicataires defdits fief & péages, leurs héritiers, successeurs 8c ayanscause , en jouiraient en toute propriété y pleinement & incommutablement y sans qu ilspuff ent être censés y ni réputés domaniaux , ni sujet a rachat , ni quils en pussentêtre dépossédés a l’avenir y par vente y revente ni autrement , dont Sa Majefié lesdéchargea , en satisfaisant par eux a Ventretien dudit Canal , a perpétuité & autrescharges portées par le précédent Edit .
On ne peut disconvenir de la sagesse de cet Edit, 8c de l’Arrêt interprétatifqui y fut joint. Il fondoit à jamais la solidité 8c la perfection de l’ouvrage qu’ilalloit créer. L’honneur, la reconnoiíîànce 8c l’intérêt dévoient fe réunir pourtirer de la famille propriétaire toutes les ressources qui pouvoient porter ceCanal au point où il est actuellement. Le Propriétaire devoir réunir dans sestravaux la solidité 8c l’économie ; toujours examiné, toujours surveillé, le minisstère public l’encourageoit à bien faire, 8 c le menaçoit au moindre relâchement,tandis que le droit fixé en argent, devenant par la fuite de moindre valeur &moins onéreux au public, obligeoit les Propriétaires à rassembler, par la construc-tion des moulins, par inquisition des terres riveraines, 8c par la culture des bordsdu Canal, des moyens de suppléer à la diminution annuelle de leurs revenus.Mais pour pouvoir acquérir ces terres, il failoit qu’un entretien parfait augmentât8c facilitât le commerce fur le Canal; 8c l’on peut lire dans l’avenir qu’un jource Canal porté à son plus haut degré de perfection, ne fera plus entretenuque furies objets d’industrie 8c les acquisitions des Propriétaires, le droit devantdevenir par la fuite presque nul à cause de la progression de la valeur del’argent.Ainsi cette disposition de l’Edit assuroit la solidité 8c l’amélioration du Canal,par des moyens indépendans des embarras des finances ou des malheurs de f Etat;8c cependant ce Canal devenoit plus avantageux au commerce, à mesure quela progression de l’argent devoit rendre le droit moins sensible.
23. En conséquence de l’Edit on procéda à l’adjudication : le devis général duChevalier deCierville, en date du 5 Octobre 1666 , fut communiqué, 8c lesouvrages mentionnés dans ce devis , depuis la rivière de la Garonne , jusqu acelle d’Aude près la ville de Trêbes, ainsi que ceux des rigoles de dérivation,
furent