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Médailles frap-pées à cette occa-íìon.
Objections dupeuple mal ins-
ÏUlt,
16 HISTOIRE DU CANAL
gent avec une truelle de même métal, pendant que les deux Capitouls pofoìencla leur de ì’autre côté & de la même maniéré. Il fut jetté dans ces fondations desmédailles de bronze qui repréíèntoient d’un côté le Roi avec cette légende.
Undarum terrœque potens àtque arbiter orbis.
Et de Iautre la ville de Toulouse , un Canal quì fe décharge dans la rivièrepar une écluse, avec cette autre légende.
Exp éclata diu populis commerciapandit. Et ces mots au-deíîùs, Tolofa utriuf-que Maris emporium. Il fut répandu quantité de ces médailles parmi le peuple ,son en donna par tout ; & il en fut envoyé même dans les pays étrangers. Achacune des deux pierres jettées dans les fondemens, étoit enchâssée une lamede bronze, portant cette inscription qui fut composée par M. Parizot.
Ludovico XIK. semper Auguflo régnante , prudentijsimi Joannis - Baptiflœ.Colbert Comitis cônjifloriani Conflits, Gaspard deFieubet,Princeps Sénatus amplisf mus und cum nobilisfmis Capitolinis Germano la Faille & Petro de May niai,consecratum ab illuflrijsimo Archipresule Carolo d’Anglure de Bourlemont , molemimmens alveì gemini maris commercio Jujfsecïurisufientaturumsaxumselicibus auspi-ciis, infante viro clarijsimo Petro Riqueti tanti operis inventore posuerunt , annosalutis inflaur . M. dc. LJtrii.
Pendant cette cérémonie, l’artillerîe de la ville qu on avoit placée fur le bordde la rivière, annonçoit dans la campagne par de continuelles décharges la folerm*nité de cette fête, qui fut accompagnée décris continuels de Vive le Roi, tandisque M. de Riquet faifoit distribuer quantité de vivres & de vin à fes travailleurs.On remarque que les jours précédens il avoit fait un temps fort pluvieux &incommode; mais le ciel íèmbla favoriser cette fête par un prompt changementde temps : il fît un jour de printemps, ce que le peuple prit pour un heureuxprésage en saveur de f entreprise.
Cependant les personnes peu instruites & mal intentionnées, femoient des doutesfur les moyens employés par M. de Riquet; on prétendoit alors que l’on devoirsuivre la rivière de Lers comme un Canal fait par la nature, plutôt que de faire ladépense d’un Canal nouveau dans des terres que l’on ne connoiífoit pas; mais M. deFroidour répond à cette objection, en faiíànt voir toutes les difficultés qu on auroittrouvées dans une semblable rivière : elle coule dans une prairie qui est inondéedans les temps de pluie, & où l’on n’auroit pu avoir un chemin de tirage qui fûttoujours libre Si praticable : les écluses auroient augmenté l’inondation descampagnes parla retenue des eaux. Enfin cette rivière n’ayant qu une source très-foible, & fa plus grande force venant des eaux de pluies qui entraînent avecelles beaucoup de fable 8 c de boue, le Canal eût été bientôt comblé, 8 í son n’au-roit pas eu de moyen pour le mettre à sec & le curer. On eut donc raison d’abamdonner le Lers, & de placer le Canal au pied dune des colines.
29. M. de Riquet fit bientôt des progrès rapides, dans les travaux de fa pre-mière entreprise par les foins & l’application qu’il y donna. Son courage & sesespérances s’accrurent : il offrit au Roi en 1668 de parfaire le Canal dans quatreannées, au lieu des huit portées par le bail d’adjudication, pourvu que SaMajesté voulût bien rapprocher lespaiemens des sommes qui lui étoient assignées ;ce qui lui fut accordé. Au