DE LANGUEDOC, Chap. II. 37
dans les mois d’Août Sc de Septembre, il faudroit eníuite remplacer toutesles eaux qu on avoit été forcé de perdre,
76. On suppléa à ce défaut en construisant à Saint Ferriol un grand réser-voir qui conservât les eaux superflues du ruisseau de Laudot pendant sHiver& le Printemps , pour en faire usage à la fin de l’Eté ou en Automne.. Maisbientôt après la construction du baflìn de Saint Ferriol, lexpérience fit voir quele ruistèau de Laudot ne fournifloit pas un volume d’eau íùffiíànt pour le rem-plir Sc que la plus grande partie des eaux que la rigole de la montagne versoitdans la riviere de Sor à Conquet pendant l’Hiver, étoient stiperflues; on vouluten profiter en les conduisant au réservoir. L'extrémité inférieure de la rigoleauprès de Conquet, étoit beaucoup plus élevée que le bassin de Saint Ferriol;mais le coteau des Campmazes barroit le passage, Sc cela formoitune grandedifficulté.
M. de Riquet avoit eu l’idée, en projettant le Canal, de conduire les eauxde la montagne jusqu’au baflìn de Saint Ferriol, L l'on trouve ce projet adoptédans le devis de M. le Chevalier de Cierville : M. le Maréchal de Vaubanfaisant une visite du Canal par ordre du Roi en 1686, convaincu par les expé-riences de la nécessité de conduire au baflìn de Saint Ferriol, les eaux dela montagne, ordonna l’exécution du projet primitif de M. de Riquet, à fitfaire en conséquence une rigole, depuis Conquet jusqu à la montagne de Cam-ttiaze ou des Campmazes íur 3666 toiles de longueur : il fit percer la mon-tagne des Campmazes íur 120 toises de longueur, partie à ciel ouvert, Sc partiefous la montagne ou il fit construire une voûte en pierre stir la longueur de 62toiles 4, pieds Sc íur une toise 3 pieds de diamètre ; les eaux de la rigole conti-nuent de couler íous cette voûte, pour aller lè précipiter à une très-petite dis-tance de la íortie de cette voûte, par une caícade de 2 y pieds, dans le litdu ruisseau de Laudot, Sc delà au baflìn de Saint Ferriol, trois milles plus loin ,d ou elles vont se réunir à la rigole de la plaine.
77. Nous avons déja dit que la rigole de la plaine qui commence près deRevel, un mille au nord de Saint Ferriol, reçoit aux Toumazes les eaux réu-nies , du ruisseau de Laudot & de la rigole de la montagne , à 3700 toisesau-deflous de Saint Ferriol ; mais la réunion de ces eaux, lorsqu elles font gros-les, pouvoit etre tres-nuifible à la partie de la rigole de la plaine qui restedepuis les Toumazes juíqua Naurouíe , d’autant quelle est elcavee a mi-cotestir u ne grande longueur; pour prévenir les brèches que les eaux sauvages pour-r °ient former à ses francbords, on a barré la rigole par une porte busquéeplacee au-deflous de l’embouchure de Laudot, Sc l'on vide toutes les eauxsuperflues dans la partie du ruisseau de Laudot inférieure à la rigole, au moyen
nn déversoir Sc de trois épanchoirs à fond.
II y avoit encore un autre déversoir au-deflus des Toumazes, à 1 endroit° U . a rigole de la plaine est traversée par le petit ruisseau de Saint Félix ;mais on a construit depuis au ruisseau de Saint Félix Sc à celui de Fondret,
eux ponts de bois, avec des parapets élevés , pour recevoir les eaux de ces
eux torrens dans le temps des orages, & les conduire au-delà de la rigole ,