«o 1 T I N É RA IRE DU CANAL
alors ne fullent renverses; on trouva qu il s’y étoit assemblé jusques au nombrede soixante-dix vaisseaux , qui étoient venus s’y mettre à l’abri, & s’y étoienttous heureusement logés , íàns qu un seul eût été endommagé. Au mois d’Avril,M. de Béions visitant le port de Cette, le lendemain dune tempête à peu-prèssemblable à celle dont je viens de parler , apprit qu il s’y étoit trouvé lanuit jusques à qy bâtimens, dont il y en avoit encore à ion arrivée 28 àl’ancre, le reste étant parti le matin.
96. Le même Auteur nous apprend qu il y eut des conférences au mois deLévrier 1672, fur la forme de ce port ; le premier dessein avoit été de fairedeux jettées, lune attachée au cap avec un retour tirant vers la plage, & l’autreattachée à la plage répondant à l’alignement de ce retour, avec une ouvertureentre deux pour entrer dans le havre par le vent Grec (Nord-Est ou Galerne. )II y avoit des personnes qui croyoient qu’ilíuffifoit de la jettée commencée ducôté du cap, pour donner plus de facilité ^ aux courans qui contribuoient ànettoyer le bassin. M. de Riquet vouloir deux jettées ; mais il penfoit qu’ondevoir avancer celle de la plage beaucoup au Midi pour mettre à couvert duGrec la pointe de la premiere jettée, & mettre l’entrée du port directementau Midi ; ce projet fut généralement applaudi; on ne l’a cependant pas exécutécomplètement, on s’est contenté d’un petit môle opposé au grand.
A l’extrémité du môle est un fanal illuminé avec 24 miroirs cylindriques& autant de mèches mises dans de l’huile d’olive. Il coûte environ 2400 livrespar année; cette dépensé se prend fur le droit de feu que payent tous lesvaisseaux.
Le port de Cette quoique très-utile, est cependant difficile à aborder; iln’a ni rade, ni anse, ni mouillage; mais depuis l’embouchure du Rhône jus-qu a Barcelonne , on n’a pu trouver aucun autre endroit qui pût servir d’aíyieà de gros vaisseaux ; cependant nous parlerons bientôt de i’usage qu’on auroitpu faire de la rade de Brefcou. D’ailleurs le port de Cette est bon , & tire 18à 20 pieds d’ea^i avec un bon mouillage de fable íàns vase. Les fables qui yfont amenés par le Rhône & qui ont produit des atterrissemens de 30 à 40 toisesde longueur du côté d’Aiguemortes, combleroient aussi le port de Cette, sil’onn’y apportoit une attention continuelle. Huit gros pontons enlevent chaqueannée cinq à six cents toises cubes de fable. Ce creusement & les autres répa-rations coûtent chaque année y 0000 livres à la Province. Ce port est assez fré-quenté , on y compte 100bâtimens par an, tant gros que petits, en relâche ouen chargement. Le produit de la Douanne est de x 00000 écus. Ce com-merce s’accroît de jour en jour, A il y a un projet actuel pour l’agrandissèment de ce port.
97. Les objets de commerce à Cette, font les vins qui occupent 60navires pendant l’hiver, les eaux-de-vie qu on envoye dans le Nord , les laines<fEspagne, les bleds de Sicile, quelques marchandises de l’Amérique, l’alund’Eípagne, le meirrain de la Romagne, les confitures de Gênes, le verd-de-gris, le tartre, les amandes, les chiffons pour les papeteries. J’ajouterai, commeun objet singulier de commerce, qu’on y voitpresque chaque année quelques
bâtimens
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