b E L A N G U E D O C, C h à t. IIÏ. 6t
bâtimens venant de Rome pour l’Espagne , chargés de chapelets, dé reliquesde Corps saints & de jambons. Il y a aussi une quinzaine de tartannes destinéesà la pêche ; il y vient des Pêcheurs de Provence Sc même d’Eípagne.
Le sel de Pecais entre pour quelque chose dans le commerce de Cette,puisque les salines de Pecais fournissent presque la moitié du Royaume , Sc enfourniroient même à l’étranger , st l’on eût permis íiir nos côtes un établiíso-ment pour cet effet dans le goût de ceux de Cagliary en Sardaigne , de l’Isted’Ivice Sc de Lamate en Espagne , qui fournissent du sel à io sols le quintaldans les pays étrangers. On brûle íùr cette côte beaucoup de plantes quidonnent un alkali propre au verre commun Sc aux savons grossiers
Je terminerai cette notice en annonçant aux Voyageurs un Savant dignede les intéresser dans cette Ville. M. Pouget, Lieutenant-Général de l’Ami-rauté, qui a remporté des prix à l’Académie de Montpellier, Sc qui a beaucouptravaillé íur les Pêches, sor les eaux de la Mer , fur les aterrissemens Sc autresobjets analogues.
98. Des personnes instruites sont persoadées qu on âuroit pu faire un meil-leur choix pour l’emplacement d’un port sor cette côte, Sc qu’il eût été mieuxau fort Brescou, Sc voici leurs raisons* Le port de Cette, disent-elles, n a qu’uneexistance précaire à cause des sables qui roulent fans cesse de l’Est à i’OueftSc s’accumulent socceffivement à l’entrée du port de Cette. Sa belle Sc fameusodigue ne le défend pas complètement des vents les plus dangereux, Sc il arrivedes naufrages fréquens , tant à l’entrée du port que sor les côtes voisines. Ona vu en dix mois de temps périr 16 bâtimens chargés de la valeur de plus d’unmillion, Sc quantité de Matelots.
Le fort Brescou, flanqué de quatre petits bastions, est situé sor un rocherdans la Mer à 700 toises de la terre ferme, entre les ports d’Agde Sc de Cette;distant dune lieue du premier, Sc de trois lieues de celui de Cette. On ytrouve un bassin, qui en exceptant les 100 toises les plus proches de terre,a dans son circuit de 15 à 2,0 pieds d’eau; Sc dans beaucoup d’endroits plusde 25 ; fond quin’a jamais manqué. On le trouve par-tout garni dune plantea longue feuille, appellée L’Algue ; ce qui le rend très-propre à l’ancrage ,Sc prouve que les courans de l’Est n’y font aucun dépôt. Cette derniere obser-vation établit démonstrativement qu’on n’aura pas besoin pour cette rade ,une fois construite, de l’entretien inévitable auquel sont sujets les ports Sc lesrades attenant la terre, qui s’eníàblent si aisément: ceux de Cette Sc d’Agdee n sont des preuves*
Lors de la vérification faite en 1767 par ordre de la Cour , on y a reconnu2 5 a 26 pieds d’eau comme en 1633 Sc 1634, temps où l’on s’en étoit déjaoccupé; on y voit en effet une digue fort avancée dans la Mer, construitefous le ministère du Cardinal de Richelieu dont elle porte le nom. M. deyauban avoit eu le même dessein , ainsi que M. de Baville, comme on le voitans s es Mémoires. Pour y former un bassin, il en coûteroit 13 à 14 centsmille livres , on construiroit deux jettées de 300 toises chacune : ces jettéesaites avec des encaissemens seroient plus coûteuses ; mais elles seroient
InconvenìenS àPort de Cette*