Attentions
ìeS'dcluíës.
88 DÉPENSE, ADMINISTRATION , RÉGIE DU CANAL
ces terres-, les former en talus, faire un contre-canal de ceinture qui reçoiveles éboulemens, les terres & sables que les pluies entraînent, dans des bassinscreusés exprès que Ton appelle Cales ; soutenir , s rl est nécessaire , ces glacispar des murs appuyés fur des contre-forts, par des rochers, s ri est possible, ouau moins les sonder sur le ferme.
S’il fe trouve seulement des hauteurs dune pente douce , mais étendue furun bord du Canal , il n est pas douteux que les eaux pluviales tomberont ducôté du Canal, Sc y conduiront du gravier Sc du limon. Il faut les recevoirdans un fossé parallèle au Canal; elles y déposeront leur limon, Sc ce fossés’écoulera ordinairement fous un aqueduc; ou st les eaux qu il contient ne íontpas considérables , on fe contentera de placer une cale à ion extrémité.
158. Le Canal ayant originairement dix toises d’ouverture à la superficiedes eaux, il faut conserver cette forme, que le mouvement des eaux , les pluiesSc les vents tendent également à lui faire perdre. On ne peut y parvenir qu enfortifiant le bord des deux côtés par une plage de trois pieds , plantée près-à-près de 8 ou 10 rangs d’Iris , plante bulbeuse, mais tenace. (52)
L expérience a appris que des bords ainsi défendus, ne fe dégradent plus ;Sc s’il s’y fait quelque ouverture, on y jette de la terre que Ton plante encored’Iris, Sc l’on tranche cette terre lorsqu elle a pris corps, pour faligner avecle bord.
Lorsque les bords íont fabloneux ou graveleux, cette défense ne íuffit pastoujours, & Ton íe íèrt alors de murs de pierre sèche, ou maçonnés , qui íontpresque droits , ou de caladas qui íont presque couchés ; ou enfin de piquetsbattus près-à-près , Sc garnis de clayonnages; mais les uns Sc les autres exigentune base solide à leur fondation : c est sur quoi il faut la plus grande attention.
C est principalement aux grands contours qu’il faut placer ces murs Sc lescaladas ; parce que les eaux y agiíîent plus directement que dans les partiesdroites , quelles íuivent latéralement, Sc par conséquent íàns effort. Il íeforme toujours à la sortie des écluses, des gouffres occasionnés par la chutedes empêlemens. Ces gouffres causent un tourbillon dans le mouvement deseaux , Sc ce tourbillon fait ébouler les terres voisines; desorte que le Canals’élargit prodigieusement dans ces endroits, Sc que les terres fe dégradent.C’est-là le cas de les soutenir par des murs à pierre sèche, ou caladas, cou-ronnés dune gazonnade. La terre que l’on place derrière ces murs en caladas,fait un remblai , qui doit être battu lit par lit , avec les masses de bois qu’onappelle des Dames.
159. La maçonnerie des écluses annonce íà dégradation intérieure par desfontaines quis’écoulent long-temps par les lignes courbes, lorsqu’on les vide.En effet s’il se trouve des cavités derrière le parement, elles doivent se remplirlorsque les eaux íont hautes ; Sc comme elles ne pénètrent que par des jointsétroits, Sc quelles n’ont d’issues que par les mêmes joints , elles coulent long-temps après que le bassin est vide. C’est la longueur de cet écoulement quiannonce la capacité du vide ; Sc lorsqu il est considérable, il faut nécessaire-ment le faire cesser. Les pertes les plus dangereuses font les plus basses, ou celles
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