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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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DE LANGUEDOC, Chap.V. îoy

les neigës : on envoya des gens pour chercher le valet, mais il ne fut trouvéque le lendemain, ayant péri fous les ruines. Les murs du moulin eurent deuxlézardes qui cependant n y causèrent aucun éboulement ; les eaux de la rigolecoulèrent avec vitesse par la brèche dans un précipice elles formèrent descreux , 8c. comblèrent le biez de fuite du moulin. Cette brèche formée entrele plos de la fasse & les Campmazes, étoit de près de 15 toises de longueur:U y avoit des crevasses transversales, amont 8c aval de la brèche íur une disetance de 6o toises. Il fe fit un affaissement de deux pieds , formant une courbevers le sommet de la montagne , dont la naissance se lioit avec les crevasses de larigole. Cette courbe retournoit en fe prolongeant vers le bas de la montagne.Mais tandis que le terrein séfoit affaissé vers le sommet, il sétoit au contrairesoulevé dans le bas. On construisit une nouvelle rigole en maçonnerie , avec unbon radier en briques íur une longueur de 80 toises ; 8c malgré la neige 8c laglace, cette réparation fut entièrement finie le 10 Avril de la même année.

On omet bien de petits accidens qui ont obligé de revêtir 8c paver de maçon-nerie plusieurs parties de la rigole de la montagne, 81 principalement depuis lesCampmazes jusqu a fépanchoir de Conquet. *

Il y eut beaucoup de pluies à la fin de iannée 1 j6p 8c au commencement de1770 , dans la plaine du haut Languedoc : il tomba beaucoup de neigedans les Pyrénées, les Corbières la Montagne noire ; les pluies ayantaugmenté le dernier du mois de Mars, & le vent du Midi ayant soufflé dansla nuit du premier au deux Avril, les eaux de la Garonne commencèrent àaugmenter sensiblement; le 4 elles étoient élevées de 8 pieds au-dessus de1 état ordinaire à lembouchure du Canal dans la Garonne; A le § à 10 heuresdu soir, elles montèrent à 14 pieds 8c demi. La digue en pierre du Canal quia son débouché dans la rivière, eut une brèche de 48 toises de superficie,fans y comprendre les parties qui furent minées dessous les pierres de taille ;il y eut 6 toises du chausseron qui furent emportées ; deux couronnemensde la pile inférieure, quoiquils fussent cramponnés avec du fer, 8c le chaussè-ron au-dessous furent détachés du terrier fur 17 toises de longueur.

Les eaux de la rivière de Lers firent aussi beaucoup de ravages. Le y AvrilI 77 °> e lles entrèrent dans le Canal par le côté du parapet à 1 avenue deseaux, & aval du Canal jufquau contour de Tarabot, fur environ 150 toisesde longueur ; elles versèrent par-dessus les bords du Canal du côté du tirageen 17 endroits, depuis faqueduc jusqu à f écluse de Renneviile, & emportè-re nt les terres fur le revers du talus. Cette rivière rompit les digues auprèsde Baziège, vis-à-vis Donneviile 8c Dayme. Une des causes de ce ravageptovint des arbres 8c des pièces de bois qu elles entraînèrent au-devant desVoûtes de laqueduc. Ces bois formèrent un batardeau qui éleva les eaux,& les fit entrer dans le Canal.

Le même jour y Avril 1770, les eaux qui descendirent du chemin deMontefqtsi eu à f avenue du large du pont dEncerny dans la retenue du San-glier, entrèrent aussi dans le Canal aux deux côtés du pont, 8c dégradèrent lesempierremens Sc gazonnades qu on y avoit faits en 1768. Les eaux du ruisseau.

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