ïst<S PIÈCES ORIGINALES RELATIVES
<ie trois millons six cens trente mille livres, payables en huit années, & huit payements égâux jau commencement de chacune année : Sc à ces fins , que Sa Majesté lui fera remettre en ses mainsdes assignations pour l'entière somme, sur les fonds que Sa Majesté a destinés pour lesdits ouvra-ges , lesdites assignations payables au commencement de chacune année ; à la charge que Sa Majestéfera tenue de payer & dédommager les Particuliers propriétaires des héritages & possessions oùlesdits ouvrages doivent être construits; ensemble les Seigneurs particuliers des Fiefs 5 t Juris-dictions desquels lesdits héritages relevent. Comme aussi , que Sa Majesté demeurera chargée defaire construire à ses frais & dépens toutes les piles, arcs & ponts qui seront jugés nécessairespour la commodité publique, tant fur le Canal de jonction, que rigole de dérivation, énoncés1 audit Devis. £t en outre fera tenue Sa Majesté de faire cesser tous troubles Sc empêchements qui
pourroient être donnés audit Piquet, Sc de faire enregistrer dans les Compagnies Souveraines dela Province de Languedoc, Sc par-tout où besoin sera, tous Edits, Déclarations 5 c Arrêts né?cessairespour raison de ce, aux frais Sc dépens de Sa Majesté.
Comme le refle de cet Arrêt du Conseil & les Lettres-Patentes intervenues fur ìcelui le 18 Novembre\ï 666 , font très-longs & ne contiennent rien d’important étant conformes à ce qui précédé, nous nouscontenterons de rapporter ici la seconde Adjudication qui contenoit les Ouvrages à faire depuis Trtbes jusqu'àl'étang de Thau , après que nous aurons placé ici des Lettres 4 u grand Colbert à M. de Riquet,
Lettres de M . Colbert, Contrôleur général des finances , à M, de
Riquet , prises fur les originaux .
LETTRE I.
A S, Germain, le vj Juillet i66y.
Monsieur, J’ai été biefi aise
de voir par votre lettre du 4 de ce mois, qu’après avoir conféré avec MM. de Pesons Sc Tubeuf (1) :vous vous disposez à mettre la main â foeuvre pour la rigole d’essay (2) qui doit précéder legrand ouvrage du Canal pour la communication des Mers ; je puis vous asseurer que la protectiondu Roy vous fera toujours fort feure pour vous faciliter votre entreprise, 5 c lever les difficultés quipourroient s’y opposer , en sorte que vousn’avez qu’àbien faire, Sc à vous reposer du reste sur
Votre très-affectionné Serviteur, Co L RE r t;
I I.
A Paris, le 14 Ao&t 1665.-
Monsieur, . . ^ J’aï reçu voá
deux lettres des dernier Juillet Sc 4 Août, par lesquelles j’ai été très-aise de veoir Tespéranceoù vous estes du succès du grand dessein de la jonction des Mers ; Sc comme vous avez esté celuiqui l’avezfait renaistre dans notre temps, Sc qui y avez donné les premieres dispositions, vousne devez pas douter qu’outre la gloire que vous en acquererez, le Roi ne vous en sache beau-coup de gré , Sa Majesté ayant résolu de le faire exécuter par vos soins, par préférence à tousautres; ainsi quand la rigole d’essay fera achevée , à quoi vous ne trouverez pas les obstacles qu’onavoit d’abord appréhendés, vous pourrez vous mettre en chemin pour venir ici; vous priant ce-pendant de bien discuter tous les moyens que vous avez en main pour faire trouver au Boy ce-luy d’y fournir en partie, afin qu’estant digérés, nous puiísions ici les proposer à Sa Majesté. Jesuis, Monsieur ; 5 cc.
III.
A Paris, Je 18 Septembre 1665.
MonsiEUR» _ J’ai veupar votre
lettre du 3 de ce mois, que votre travail avance avec succès, & que vous vous passerez biendes arbres que vous aviez cru nécessaires pour employer en des endroits où la conduite des eauxestoit la plus difficile. Je n’ay rien à vous répondre de plus particulier que ce que je vous ay mandéqui est que vous trouverez en la personne du Roy, toutes sortes de protections, non-seulementpour la suite de ce grand ouvrage , mais même pour vos affaires particulières, vous asseurant qu’iine fera pris aucune résolution qu après avoir bien examiné les propositions que vous avez à mefaire, 5 c que je fuis, Monsieur, 5 cc. ^
A Paris * le ? Octobre i66z,
Monsieur, Par la lettre
que vous m avez écrite le 28- du mois passe, je vois que outre vos espérances, votre travail a encoremieux réussy que vous ne vous Testiez pas promis, & qu’à présent il n’y a plus personne qui ne soiûpersuadé de la possibilité du grand dessein dont j’ai beaucoup de joie ; vous pourrez, avant quede partir , concerter avec MM. les Intendants de Languedoc, le projet d’affiches pour ces ouvra-ges , afín que votre sentiment estant approuvé ou rectifié par le leur , on vçye ici avec plus de
( 1 ) Ils étoient tous deux Intendants en Languedoc.
I x ì II a été parlé de cette Rigole dans PHistoice d« Canal, article z 6,