i 3 o PIÈCES ORIGINALES RELATIVES
DEVIS sur ce qui efl a faire pour continuer le travail commencé pour lajonction des Mers depuis Toulouse jusques a, Trêbes 9 & pour le conduire depuisdédit Trêbes jusques a Vétang de Thaiu
1. L e C an ax' par lequel se doit faire îa communication de lâMerOcéane à la Méditerranée,’fe trouvant avancé jusqu’aux pierres de Naurouse, & la rigole de dérivation qui doit y portesles eaux étrangères, étant de tout point achevée , il est à présumer que le travail qui est à fairedepuis les pierres de Naurouse jusqu’à Trêbes ne s’y conduira pas avec moins de diligence.Ainsi ne restant plus à la perfection de cette entreprise que de continuer incessamment ledit Canaldepuis Trêbes jusques à l'étang de Thau , il faut premièrement établir ce fondement que la navi-gation projettée à faire depuis Toulouse jusques à la Mer Méditerranée ne se pouvant pas aisémentpratiquer par le courant de la rivière d’Aude, tant à cause des fréquens débordemens qu’à causede sa trop grande rapidité, il faut nécessairement que cette navigation se fasse non-seulementpar un Canal séparé, mais auffi que ce Canal soit tellement éloigné de la rivière , & tellementrelevé au-dessûs de ses eaux, qu’elles n’en puissent pas ruiner les bords par leur approche, niles surpasser dans leurs inondations. Pour cet effet le Canal résolu depuis Toulouse jusques àTrêbes, fera continué jusques à l’étang de Thau dans la même largeur & profondeur que celuiqui se fait présentement depuis Toulouse jusques aux pierres de Naurouse , c’est-à-dire, avecune ouverture de huit toises par en-haut pour le moins, & de cinq toises deux pieds de lar-geur par en-bas , fur neuf pieds de profondeur ; quoique dans la rencontre des monticules , tertresbuttes , ou coussins qui se trouvent sur la route qu’il doit tenir, il y aura nécessité d’ouvrir &profondir beaucoup davantage plusieurs terreins, lesquels il faudra bien plus creuser que ces neufpieds pour arriver jusques à ces fonds, dans lesquels le niveau doit se maintenir en une perpé-tuelle égalité, & Feau se conserver toujours dans la même mesure.
2. Sur cela il est à juger premièrement que le Canal qu’il a été ci-devant convenu de fairedepuis Toulouse jusqu’à Trêbes, devant finir à trois cents cinquante toises au-dessus du pontdudit Trêbes, il s’agit de le reprendre du même point pour le pousser de main en main, jus-qu’à F étang de Thau ,• mais comme on ne peut pas le continuer par le même côté qu’il a étémené jusques-là , fans se transporter de Fautre part de la même rivière à cause de plusieurs hau-teurs qui le veulent ainsi , l’on fera pour cette fin une chaussée par le travers de cette rivière pour«n faire regonfler les eaux & pour soutenir ce Canal dans Félévarion qu’il doit avoir pour êtreporté de l’autre côté par lequel il doit courir ; & si par-dessus le tout il faudra encore faire uneécluse pour y descendre, laquelle aura îa même forme, & les mêmes proportions que les autres,qui se font présentement depuis Toulouse jusqùes aux pierres de Naurouse.
z. Mais parce que le terrein par lequel le Canal de jonction doit sortir de cette rivière pour êtreconduit en avant, se trouve de cinq pieds plus haut qu’il ne seroit à souhaiter, il le faudracreuser de ces cinq pieds là davantage , pour en trouver le fond dans le niveau qu’il doit avoir,Sc du reste, il le faudra toujours continuer du même côté par lequel il se trouvera transporté aumoyen de la chaussée susdite ; toutefois comme il se rencontre dans l’étendue du premier rideaupar lequel il doit être mené, beaucoup d’endroits inégaux où il y a des grands enfoncemens àfaire pour chercher le niveau qui est à desirer, & notamment au-dessous du lieu appelle Roque-soutier , il faudra vaincre ces difficultés par le travail, & fur-tout escarper une grande pointe derocher qui s’avance vers la rivière de F Aude pour trouver une place suffisante à passer le Canalde question entre l’une ôc Fautre, & pour y faire une écluse; après quoi l’on traversera le ruis-seau appeílé Rec-merdeau, par le moyen d’une chaussée de quinze toises de longueur fur six piedsquatre pouces de hauteur.
q. II se trouve en continuant le travail du même Canal un autre ruisseau appellé la Bretonne ,qu’il faudra traverser d’une chaussée de vingt-quatre toises de longueur, fur onze pieds de hau-teur , & d’autant que le terrein monte en cet endroit jusqu’à tel point qu’il y faut faire uneécluse, il s’en fera une fur le bord de ce ruisseau dans la même forme & manière que les autres.
y. En continuant Je même travail plus en avant, il s’y rencontre un autre ruisseau appelleMèirac , fur le bord duquel il est besoin de faire une écluse & une chaussée pour le traverser ;mais comme pour pousser ce travail plus au-delà, il faudroit faire un grand détour pour éviterun couffin qui se trouve sur la route qu’il doit tenir, il sera mieux de passer tout à travers d’ice-lui, en enfonçant huit pieds plus bas que les terreins adjacens, pendant l’espace de 448 toises , dansl’étendue desquelles il faut creuser huit pieds davantage qu’à Fordinaire pour arriver au niveaudésiré.
6 . Après cela, le Canal continuera toujours en descendant par cette même route , 8 c ayantlaissé Campendu à la main droite, & traversé le grand chemin, on trouvera un chemin de septpieds quatre pouces de hauteur , fur 144 toises de longueur qu’il faudra percer comme les autres;ensuite de quoi il s er a nécessaire de traverser le ruisseau de Rieugras avec une chaussée de 4.7toises de longueur fur deux de hauteur, & même d’y faire une écluse, aussi-bien qu’au devantde von sens, où iî en faut encore faire une autre au pied d’une éminence.
7. Et d’autant que la disposition du terrein veut aussi qu’il s’y fasse une écluse proche SaintCouat , & même qu’il s’en construise encore une autre à 122 toises delà , elles s’y feront toutesdeux dans la même forme & manière que celles dont il est ci-dessus parlé.
8. Après que le Canal de jonction aura marché par tous les endroits ici marqués, & qu’il feraarrivé depuis Trêbes jusqu’au devant de Puicheric, par le côté de rivière où il aura été trans-porté , il sera par plusieurs raisons nécessaire de le repasser pour une seconde fois au-delà de la
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