158 CANAUX DE NAVIGATION Chap. VI.
íùr environ íîx milles à l’embouchure de l’Aude dans l’étang de Vendres.
On pensa bien-tôt après que la navigation du Canal depuis Narbonne juíqu’àl’étang de Vendres par les plaines de Couríàn & de Salle , ne seroit pastrop aíîurée ; par cette considération l'on préféra de porter le Canal vers cetEtang par les plaines de Salelles & de Cuxac , sans le faire passer par Narbonne ,& ce fut fur ce principe que fut dressé le second devis du Chevalier deClervilie en 1668; mais l’article 20 réserve aux habitans de Narbonne, &à ,ceux du Diocèse, la faculté de faire une écluse dans la rivière de Ceíïepour communiquer avec le Canal Royal. Cette seconde route sut encorechangée dans l’exécution; l'on abandonna tout à fait le projet de faire passerle Canal dans l'étang de Vendres pour remonter delà à Béziers, & l’on pré-féra la route qu il fuit actuellement depuis le moulin de Roubia jusques à Bé-ziers , patrie de M. de Riquet : cette route étoit d’ailleurs beaucoup plus sûre quecelle qui étoit portée par le devis, plus courte, & par conséquent plus utilepour la navigation. Cette nouvelle route éloignoit un peu plus le Canal dela ville de Narbonne , & l’empêchoit auíïì de pouvoir user de la faculté quilui avoit été réservée par i’article 20 du devis de 1668; mais on ne tarda pasà chercher les moyens d’y remédier.
183. La ville de Narbonne a un Canal de 12 milles dont une partie de huitmilles appellée la Robine , faite du temps des anciens Romains, est navigable;ce Canal tire ses eaux de la rivière d’Aude, au Gaillousti qui est à 2 ï 6 o toi-ses du somail ; il débouche dans l’étang de Sijean, & à la Mer par i’ouvertureou le grau de la Nouvelle ; au Nord est la rivière d’Aude, éloignée de Nar-bonne de quatre milles, & qui longe le grand Canal de fort près, commeon l’a vu dans la description & dans la carte. On a joint la robine avec larivière d’Aude; mais dans cet endroit le Canal est par-delà la rivière, & ilne reste que deux milles de Canal, & cinq écluses à faire pour en opérer lajonction. M
J’ai dit que le Canal de la Nouvelle, ou le Canal de Sijean fut fait par lesRomains; maison ne sauroit fixer l’époque précise de íà construction; on voitdans l’histoire de Languedoc de Dom Vaissette (T. 1 p. 105 ) qu’on pour-roit peut-être attribuer à Agrippa la construction d’un magnifique Canal bâtiau milieu des étangs. L’histoire du Languedoc se sert avec raison du terme debâtir, píiisque les digues qui contenoient ce Canal, étoient formées en pierrede taille, & que ion fond ou fa base, étoient pavés de gros quartiers de pier-re. Ce Canal étoit au milieu de l’étang que les anciens appelioient Rubiesus ;& qu’on nomme aujourd’hui étang de Sijean. M. de Marca croit, fur l’autoritéde Mêla, que la construction de ce Canal est postérieure au régné d’Auguste,& ce savant Prélat aime mieux attribuer cet ouvrage à Antonin le Pieux.
Mais quelle que soit la date de la construction du Canal de Narbonne, quise perd dans une antiquité très-reculée, il subsiste encore aujourd’hui dansson entier, sans procurer à la ville de Narbonne , qu il traverse, aucun avan-tage pour le commerce; pour quelle les réunisse tous , il ne s’agit que de join-dre ce Canal au grand Canal, qui aura par cette jonction un nouveau débouchédans la Méditerranée,