PETITS CANAUX EN LANGUEDOC. i6t
Languedoc, chargés de grains pour Marseille seroienc rendus bien plutôt àleur destination en passant par le grau de la Nouvelle, que par celui d’Agde :deux barques partant en même-temps du Somail pour Marseille, celle quipasseroit parle grau de la Nouvelle, arriveroit à sà destination, avant que cellequi íuivroit la route de Béziers & d’Agde fut en état de mettre en mer ,en supposant les vents également favorables.
La navigation du Canal, disoient encore les habitans de Narbonne, est quel-quefois interrompue par les crues d’eau de la rivière de Béziers qui comblentson lit de gravier, à l’endroit où les barques du Canal font obligées de la tra-verser , ce qui suspend la navigation pendant les recreusemens ; cette opéra-tion est souvent très-longue, & par conséquent préjudiciable au commerce.Si la jonction avec le canal de la Robine étoit faite, cet inconvénient cesse-roit, & le commerce ne seroit plus interrompu , les barques venant du hautLanguedoc prendroient en ce cas leur route par le nouveau canal de Nar-bonne, la Province y trouverait l’avantage de la consommation de ses marchan-dises & denrées surabondantes , & la facilité de les envoyer à letranger ; cetteconsommation fait la richesse du pays, & dépend de la multiplicité des débou-chés à la mer. Il est donc important de rendre ce débouché complet : jusqu’icîle grau de la Nouvelle, qui est à l’embouchure de la Robine de Narbonne,n’est qu’un demi-débouché, faute de communication avec le grand Canal. Au resteces derniers articles étoient formellement contredits par MM. les Propriétaires.
L heureuse situation de ce grau, ajouraient les Syndics de Narbonne, devraitdéterminer la Province à concourir à cette jonction ; les ouvrages du golfe deLyon entraînent des fables qui se communiquent insensiblement au port deCette, & au grau d’Agde : ce port seroit comblé depuis long-temps, fans lesecours d’un entretien, & d’un recreusèment continuel, & ce grau le seroit sansl’usage des pontons, dont on ne se sert point au grau de la Nouvelle où il y atoujours au moins dix pieds d’eau. *
La ville de Narbonne convaincue de la maxime que le bien public doit rem-porter fur le particulier, contribua de près de quatre cents mille livres à laconstruction du Canal de communication des Mers , quoique ce Canal lui fûtpréjudiciable en détournant ailleurs le commerce qui aurait pu s’établir parNarbonne ; depuis ce temps-là elle n’a fait que déchoir ; fa population, son com-merce , son agriculture sont diminués, & les dettes de ses habitans augmentées.
II est juste, disoient-ils, quelle participe à tous les avantages que le grand Ca-nal peut lui procurer par fa jonction au canal de la Robine, fur-tout étante vident que cette jonction tournera au profit de l’Etat& de la Province.
Les Commerçans du haut Languedoc en paíîànt par le canal de la Robine deNarbonne, épargneraient bien des longueurs, & des frais très-considérablesdans le transport des grains destinés pour le Rouísiilon & pour la Catalogne.Cette épargne rejaillirait fur les Commerçans de ces deux Provinces qui ne peu-vent communiquer avec le haut Languedoc qu’en pasiant par le grau d’Agde,
^ * Cette supposition est absolument contraire aux J Nouvelle a une barre toutes les fois qu’il y a‘ llts iiuvant MM. les Propriétaires : le port de la I coup de vent marin un peu violent. ^
ce