ï 7 o CANAUX DE NAVIGATION, Chap. VI.
font dans l’intervalie. Ce privilège paíîà eníùite à M le Prince Charles, qui le. céda à une compagnie de MM. du Brocard Sc de la Salle ; mais les Etats de
Languedoc s’y opposèrent.
Il y eut en 1735? Sc 1740 un grand nombre de Mémoires à ce íujet : uneCompagnie fe propoíòit de dessécher 30 mille arpens de terrein entre Beaucai-re , Aiguemortes & Mauguio , en faisant des canaux de navigation qui i r oientdepuis Beaucaire jusqu’à Aiguemortes, aux salins de Pecais, Sc à l’étang deMauguio. Les Etats de Languedoc, par une délibération du premier Juin 1740,décidèrent qu’il seroit fait une vérification, tant sur la possibilité de ce dessèche-ment Sc des canaux proposés, que fur les difficultés qu on avoit faites à ce íujet.-On prétendoit que ce dessèchement nuiroit aux salins de Pecais ; qu une Com-pagnie. propriétaire dune immense quantité de grains affamerait la Province ;que le remuement des terres causerait une infection dans le pays. D’un autrecôté l'on soutenoit que la véritable cause de ces oppositions étoit les usurpa-tions multipliées faites parles Propriétaires voisins, Sc dont on craignoit unefoule de discutions Sc de procès.
M. Pitot nommé Commissaire* en 1740 , fe transporta fur les lieux , exa-mina les difficultés , Sc écarta les objections ; il fit voir qu’il étoit utile de des-sécher ces marais , qu’il étoit possible de le faire, partie par écoulement Scpartie par atterrissemens ; qu’on gagnerait 30 mille arpens de terrein, qui pro-duiraient dix pour un, ou 60 mille quintaux de blé chaque année ; il y enavoit même qui portoient l’estimation au double, & la Province du Langue-doc a besoin de ce secours.
On trouve f extrait des observations des mesures Sc des opérations faites àce íujet par M. Pitot pendant les mois de Mai Sc Juin 1740, dans les Mémoi-res de V Académie des Sciences pour 77^/; il y prouve qu il n’y a aucun dangerpour les salins de Pecais dans le canal projetté.
A i’égard des maladies, le recreusement de la Robine depuis Beaucaire jusqu’à l’étang de Scamandre, situé à quinze milles delà du côté d’Aiguemortes, quifut demandé par les Communautés voisines, Sc où il y avoit 800 Travailleurs,n’occasionna point de maladies ; on assurait au contraire que le dessèchementdont nous parlons , rendrait le pays plus sain.
Enfin les Etats acquirent fes droits de cette Compagnie ; Sc ils consentirenten 1752 que M. le Duc de Richelieu entreprît ce Canal; mais il est décidé aujour-d’hui qu’iis feront eux-mêmes l’entreprise ; on est actuellement occupé des opé-rations préliminaires. M. f Archevêque de Narbonne y prend un très-grand inté-rêt ; M. Garipuy en a fait les plans Sc les devis, Sc l’exécution en est prochaine.
Canal de Nnnes. jpg. La villede Nîmes aurait aussi besoin d’un Canal jusqu’à Aiguemortes, Scles projets en ont été donnés en 17J1, par une Compagnie qui ne demandoitque six deniers par quintal pour chaque lieue, ou trois fols, de Nîmes jusqu’à laMer : la longueur du Canal seroit de 19 milles passant par Bernis, Vestric Scle Cailar. Le Canal produirait le dessèchement des marais , Sc garantirait desinondations du Vistre íùr environ quinze milles de longueur ; on aurait plus defacilité pour le transport des sels de Pecais, qui étant arrivés par eau du Canalde Pecais à celui de Lunel, fe voiturent par terre de Lunei à Nîmes qui en