PETITS CANAUX EN LANGUEDOC. itfp
Dans ce réservoir couleroient toutes les eaux, qui, amenées de la place du Peyroudans les différens quartiers de la ville, viendroient se réunir dans ce point com-mun , après avoir rempli leurs destinations particulières. Deux lignes droites ,coupées par une courbe très-ailongée, formeroient la direction du canal, quiiroit se confondre avec celui du Lez, au-deíîous du pont Juvénal. Le canalauroit stx toiles de largeur A quatre de profondeur ; ce qui est suffisant pourla navigation des barques destinées à y passer : enfin , on établiroit quatre éclu-ses dont la première seroit à soixante toises de distance de la rivière ; la secondea cent trente toiles de la première; la troisième , à l’extrémité de la courbe, àcent trente-cinq toises de la seconde, & la quatrième à cent cinquante toisesde la troisième. Chaque écluíè auroit une chute de six pieds. Le plan des ouvra-ges accestbires est présenté en détail dans le mémoire de M. le Marquis de Mont-ferrier; il nous íuffit de dire qu il s’est assuré par des nivellemens exacts, que leterrein qu il veut faire servir à femplacement du port ou bassin, est élevé deíèpt toises trois pieds au-deílùs de la surface des eaux de la rivière du Lez , pris-ses au-deíîous du pont Juvénal.
Quant à la quantité d’eau nécessaire pour l’entretien du canal, M. de Mont-serrier a calculé que la seule partie des eaux destinées à l’eíplanade est de trentepouces ; ce qui fournira au réservoir quatre-vingt toises cubes dans vingt-qua-tre heures; & si l’on joint à cette quantité les eaux superflues des autres fon-taines qu’il est aisé d’amener dans le réservoir, on aura encore plus de 20 pou-ces. En comparant cette quantité d’eau avec les dimensions projettées pour lecanal, on voit qu’il n’y auroit aucun doute íur le íuccès de l’entreprise.
C’est ainsi que le même zèle qui avoir déja engagé M. de Montferrier à sacri-fier a la ville de Montpellier la propriété de la íòurce du Boulidou, & à indi-quer de nouvelles routes pour la conduite des eaux qui coulent íur la place duPeyrou, l’a porté à faire des recherches íur i’emploi ultérieur de ces mêmeseaux, si précieuses par leur abondance. Il regarde comme étranger à son pro-jet , le calcul de la dépeníè qu’il occasionnerait : futilité publique justifie allezles dépenses quelle nécessite ; Sc si dans les ouvrages qui lui font uniquementconsacres, les sciences ont la gloire de tracer le plan & de donner les moyens ,c est au Gouvernement que celle de l’exécution est réservée.
19/' H Canal de Beaucaire à Aiguemortes, dont on s’occupe actuellementaura 25 milles de long ; il íèra important pour le pays à cauíe des difficultésdes embouchures du Rhône; il servira au dessèchement de plus de 40 millear pens de marais qui sent depuis le Rhône jusqu aux étangs de Saint Gilles. En-graissés par le limon du Rhône, ces terrains deviendraient de la plus grande fer-tflité, l’on y ferait d’immenses prairies, & l’on en manque abselument dans lebas Languedoc ; enfin l’on y formerait des haras où les chevaux seraient de laplus belle espèce. Le Roi avoit accordé le privilège de ce dessèchement à M. leMaréchal de Noailies, qui le céda à la Province. Les Etats ont lait différentesconcessions à la charge de dessécher les terrains; tout est resté dans le même état.
Le droit de construire un canal depuis Beaucaire jusqu a Aiguemortes futconcédé à M. se Maréchal de Noailies, avec se droit de dessécher ses marais qui
Vu
Canal de Beaii-
caireâ Aiguemor-
ces.