...ÇAN AUX DE PROVENCE. 173
201. Les dépeníès de ce canal consistent dans les ouvrages continuels qu ilfaut faire à la Durance pour faire entrer seau dans le canal, dans f entretiendes digues & du grand nombre de ponts qui le traversent, dans un récurageannuel qu’il faut faire dans toute la longueur, qui est d'environ 30 lieues, y com-pris les différentes rigoles de dérivation. Les Propriétaires de tous les terroirsqu’il traverse depuis la Durance jusqu à Lamanon, excepté Alein , ont droit deprendre de leau fans rien payer, à la plupart des moulins de ces mêmes terroirsne contribuent point aux impositions que fait la Compagnie pour les dépensesdont on vient de parier, pour les frais de régie, la direction des ouvrages,&les procès inévitables dans une si longue étendue de terrein
Cette imposition est exigée par un Trésorier que nomme chacun des Pro-priétaires à tour de rolle, Sc répartie, d’après i’ancìen tarif fait à raison de lapart de chaque Propriétaire ; c’est ce qu’ils appellent cotisation.
Les Propriétaires de ce canal font encore soumis à des dépenses extraordinai-res & imprévues : en 1755 , les canaux emportèrent leur prise, A leur mar-teiliere ou vanne a la Roque, ce qui coûta à la Compagnie générale 14.000livres : le même événement arriva en 1763 ; ce qui, avec la construction dunenouvelle martellière, & dune digue en pierre au rocher du Barquot, a coûtéenviron 26000 livres. La compagnie doit encore une partie de ces deux som-mes quelle a été obligée Remprunter, le revenu de ce canal n’ayant pu payerces dépenses.
L œuvre d’Arles, outre la contribution à ces dépeníès, esiuya une perte en-core plus considérable en 1755, par le renversement total de l’aqueduc prèsd Arles, occasionné par le Rhône ; la reconstruction lui a coûté 54000 livres.
Le revenu des Propriétaires de ce canal consiste dans le produit des moulinsà bled, ou à huile qu il fait tourner, & les droits d’arroíàge qui font payéspar ceux qui prennent de seau du canal. Ces droits d’arrosage sont fort mo-diques , parce que le prix en est fixé depuis long-temps, & ne fe paye qu’au-tant qu’on arroíè, & il est diminué à proportion des jours que seau manque enete, ce qui arrive fréquemment, i°, par l'instabilité du cours de la Durance, &le dérangement qu’eile occasionne aux priíès ; 2°, par le peu d’eau qu’il y a danscette íàifon; 3 0 , par la grande consommation qu’en font les terroirs supérieursqui ne payent aucun droit d’arrofage, & qui ne contribuent à aucune desdepenfes du canal ; aussi voit-on des années où ces droits d’arroíàge rendentîres-peu, & même rien du tout, & où il faut cependant que les Propriétairespayent leur cote courante au Tréíorier de la Compagnie.
Le revenu de l’œuvre d’Arles, depuis le pont de Paradis juíqu’au Rhônesiui est la partie la plus rendante de tout ce canal, est , année commune, de*7 a 18 mille francs, quand l’eau ne manque pas au canal en été, & qu’il n’ar-rive aucun accident aux martelières, & aux prises de la Durance ; on y com-prend les moulins, & les droits d’arroíàge; elle paye de cote près de 5000livres, & s es dépenses particulières pour le récurage, entretien des ponts A deaqueduc montent, année commune, de 3500 , à 4000 livres.
Le revenu du reste dudit canal, ou du moins de ceux qui contribuent à
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Dépense & pro-duit.