CANAUX DE PROVENCE. igp
c est un rocher qui esta cinq pieds au-dessous des eaux basses, & fur lequelil faudroit élever une tour pour former deux entrées qui auroient chacune40 toises de largeur franche. Le fond du port n a qu un ou deux pieds d’eau,ce qui a engagé la Communauté de Martigues: à creuser Sí à entretenirun canal dans une certaine étendue du port, peur communiquer à celuiqui conduit au Martigues, où il faut environ six pieds d’eau pour le passagedes tartanes de cette ville. Le Rhône fe dégorge maintenant à la mer parle Canal de Lone ,des Lofnes , des Launes, de Lône, ou de l’One, qui com-mence 13 milles au midi d’Arles, Sc finit y milles plus bas, 7 milles à i’Oc-cident du port de Bouc ; depuis que ion embouchure est ainsi rapprochée de ceport, le fond s’est considérablement élevé par le limon dont les eaux de lamer íont empreintes Sc chargées, Sc qùi vont jusques au-delà du cap Cou-ronne cinq milles plus loin, dans le temps des fortes eaux du Rhône ; les mat*tes ou tas de Goémon, qui y croissent, élèvent continuellement le terrein.En 1700 on y voyoit encore 36 galères mouillées dans le port; actuellementon auroit peine à en mettre six en sûreté.
M. Milet de Monville dont nous parlerons bientôt, examina le port deBouc, Sc il fit en 17^5 un Mémoire à ce sujet pour mieux expliquer lés avan-tages qu il y auroit dans ce recreufement, la manière d’y procéder, Sc lesouvrages qu il feroit utile d’y faire : savoir , les jettées , les quais, les cales , &la tour fur l’écueil Foucar; il propofoit de creuser une partie du port à 14pieds, pour le mouillage des grosies Barques, Pinques Sc Shebecs, Sc unepartie à 20 pieds pour le mouillage des Frégates de 20 à 30 canons &.des grosvaiíïèaux Marchands. Dans une Assemblée tenue à l’aríènal de Toulon le yJuin lyyy , les Officiers du port, les Ingénieurs de la Marine, Sc les Pilotesles plus habiles rendirent témoignage à l’importance de íà proposition ; il esti--moit que la dépense n’iroit qu’à 284 milles livres pour la partie la plus essen-tielle au rétablissement de ce port.
221. Les propositions faites depuis long-temps pour le rétablissement duport de Bouc, ont auffi occasionné les projets de canaux entre le Rhône Scle port de Bouc : on avoit proposé dans le dernier siècle de tirer ce ca-nal depuis Arles ; mais les bâtimens qui remontent le Rhône font quelquefoisretardes à Arles des semaines entières par les vents du Nord], ensorte qu ilparoîtroit plus utile de prendre le canal de plus haut, Sc de le conduire deTarascon au port de Bouc éloigné de 30 milles.
II y a depuis long-temps des canaux faits par les habitans du pays , tels quela fosse Crapone, (200) Sc la Robine qui commence à une lieue de Tarassc°n près du village Saint Gabriel, Sc va tomber dans l’étang du Landre répon-dant à la mer ; ce fut ce qui occasionna l’idée du canal de Bouc à un nom-.Millet de Valbrun, habitant de Tarascon : après un mûr examen* il recon-^ tlut qu on pouvoit de cette Robine faire un bon canal de navigation, par-tant de Tarascon, en construisant des écluses pour faciliter le passage desnavires Marchands , qui par-là v/ éviteroient 1 embouchure du Rhône. Dans cetteVue , il s’unit d’intérêt avec M. le Duc de Saint-Agnan, qui obtint en 1664
Canal dê Boucprojette en 1664»