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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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CANAUX DE NAVIGATION Chap. VII.

Canal de Lône.

le privilège d’exécuter ce canal, avec cession des deux tiers du produit pourlui & pour Millet, le tiers étant réservé au Roi : cet Arrêt étoit fondé furles motifs qui existent aujourd’hui plus que jamais , d’éviter les dangers Sc lesretardemens que souffre la navigation par le Rhône. Ces motifs qui intéres-sent également le commerce & le service de Sa Majesté, en temps de guerre,font exposés dans un Arrêt du Conseil du p Avril 1662.

Ce projet qui a été renouvellé plusieurs fois depuis, Sc dont les fraisavoient été d’abord estimés à 5 millions , étoit resté fans exécution à cause dela dépense ; cependant la nécessité de remédier au défaut du Rhône augmentoitd’année à autre. M. le Maréchal de Vauban eut ordre, sur la fin du derniersiècle, de se rendre en Provence, pour examiner ce qu’il y avoit de mieux àfaire. Il reconnut qu en effet la Robine dont nous venons de parler pour-roit devenir un canal de navigation, en y exécutant les travaux convenables;mais qu il falloit bien se garder de le faire aboutir directement à la mer ,par l’étang de Landre Sc du Galajon; parce que les vents de Nord-Est Sc deSud-Ouest qui règnent alternativement íùr cette côte , ne manqueroient pas deretarder pendant long-temps l’entrée Sc la sortie des bâtimens, comme cela ar-rive à l’embouchure du Rhône ; il s’y formeroit aussi des attériífemens éga-lement préjudiciables; il conclut donc qu il falloit, pour prévenir tout inconvé-nient, creuser ún canal, qui partît à port de Bouc, pour joindre le Rhône,soit à Arles soit à Tarascon, ou parle chemin le plus court, quoiqu’il enpût coûter pour percer la montagne, répondant au port de Bouc; il jugeaque de tous les travaux qu’on pouvoit faire en Provence il n’y en avoit pas deplus indispensables.

222. Cependant les choses restèrent dans le même état jusqu’en 1711,lorsqu un événement imprévu fit changer f embouchure du Rhône , que l’onappelloìt alors le Bras de fer , â détermina son cours par le chemin qu’il fuitencore actuellement, nommé Canal de Lône , qui est plus à l’Orient, Sc quiaboutit assez près du port de Bouc. (220)

Les Fermiers généraux avoient fait construire une écluse pour noyer les selsqui se déposoient inutilement dans les étangs lors des sécheresses, en y intro-duisant les eaux du Rhône : on négligea de la fermer, Sc le Rhône dans unecrûe se fraya une nouvelle route ; on crut devoir en profiter en la resserrant,pour former un canal de dix milles, appeilé Canal de Lône , que M. Niquet,Ingénieur, fut chargé de faire en 1706. Le canal de Lône est devenu depuislong-temps le bras principal, Sc le seul qui soit propre à la navigation ; on apourvu à l’entretien de ce canal par une augmentation de 5 s. sur le prix du minotde sel dans l’étendue des gabelles du Lyonnois, du Dauphiné, du Languedoc,de l’Auvergne Sc duRouergue, confirmée en 1723. Cette imposition produitenviron 20 mille livres de rente. L’Ingénieur du Languedoc Sc un Inspecteurparticulier sont chargés de veiller aux réparations de ce canal, Sc les Entrepre-*. *neurssont payés par le Receveur des Fermes fur les ordonnances de l’IntendántîIl est bien important de mettre cette navigation en bon état, fans quoi l’oncourt risque de voir les expiations arrêtées Sc les approvisionnemens inter-ceptés.