CANAUX DE PROVENCE. Ipt
Quoique le produit de l’augmentation du sel eût été affecté à f entretiendu canal de Lône , Sc qu on eût établi une Régie pour y veiller, le Rhônea entraîné une partie des digues; les dépôts de sables qui changent très-sou-vent augmentent tous les jours ; la navigation y est austì périlleuse quellelétoit autrefois par le Bras de fer, & l’on a souvent dit qu’ii étoit impossibled y remédier. Depuis 30 ou 40 ans les Négocians n’ont cessé de porter desplaintes íùr le mauvais état de ce canal, & íùr le risque de le voir à son tourdevenir inutile ; les Coníùls d’Arles ont fait íùr-tout à ce sujet de vives repré-sentations; le canal de Lône est la feule embouchure praticable du Rhône ;le bras de fer n est plus qu’un petit canal gayable en plusieurs endroits, Sc qui, par conséquent n’est plus navigable. Les six gras ou débouchés du Rhône dansla mer font également ensablés Sc impraticables.
223. L’ancien projet du canal de Bouc fut renouvelle en 1732 , Sc ensuiteEN 1747 par M. Silvy qui fit imprimer plusieurs Mémoires à ce sujet. Il lesprésenta à la ville de Taraícon, qui décida de faire lever les plans Sc nivellerle terrein à ses frais , Sc il les présenta aussi à M. le Maréchal de Belle-Ifle quitrouva le projet très-utile. M. Silvy estimoit la dépense d’un million seu-lement , parce qu il observoit que ce canal est déja fait dans les trois quartsdu chemin; en partant de Tarascon on trouve le canal de la petite Robine,ensuite la grande Robine , le canal de la Vigueira, la fosse Crapone à unmille d’Arles, le canal des Vuijdanges qui va jusqu à l’étang du Landre; plusloin on trouve l’étang des Cases, le Galajon , l’étang de Fos qui n est qu’à zmilles du port de Bouc ; les Robines ou canaux qui ont six toises de largeurdans le fond, ont été faits par les villes d’Arles Sc de Tarascon pour faireécouler les eaux dont elles étoient incommodées, Sc font une indication de laroute que doit suivre le nouveau canal.
A l’égard de la pente elle est de 25 pieds, suivant le nivellement qui futfait en conséquence d’un Arrêt du Conseil de 1732, par M. Bernard! laîné,
Ingénieur du Roi, nommé à cette effet; il y a depuis Saint Gabriel près deTarascon jusqu’à la mer environ 23 pieds de pente, íùr la longueur d’environmille toises, Sc deux pieds, depuis Taraícon à Saint Gabriel : ce qui forme unepente douce pour ce canal, telle qu’on peut monter Sc descendre avec lamême facilité.
224, Le principal uíàge du canal de Lône ou de l’embouchure actuelle Avantage du c»-."U Rhône est pour le passage des bâtimens chargés de sel pour les rrovmces
ùe Languedoc, Vivarais, Lyonnois, Dauphiné , pour les navires qui vonta la foire de Beaucaire Sc autres villes situées íùr le bord du Rhône , pourles bâtimens qui descendent par ce même fleuve chargés de munitions de guer-re Sc de bouche, bois Sc. chanvre servant à la construction des vaisseaux Scgalères, ces objets intéressent tous particulièrement le Roi; M. Niquet, leprincipal auteur de l’entreprise du canal de Lône, fit valoir ces considérations,à elles doivent servir actuellement au projet du canal de Bouc.
Les bâtimens qui paflent de Marseille à Arles Sc en Languedoc, íont obli-ges daller mouiller au port de Bouc, Sc d’y attendre le vent favorable pour