CANAUX DE PROVENCE.
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avec instance le rétrécissement du Rhône Sc les réparations à l’embouchuredu Midi, en fermant celles du Levant & du Couchant. Les longueurs A lesincertitudes dune pareille navigation font que l’on voiture par terre quantitéde marchandises qui devroient aller par eau ; cela íuffit bien pour établir fu-tilité d’un canal qu’on pourra toujours facilement nettoyer , en le mettant àlÈe, 8 c je crois que si on ne fa pas encore fait, c’est parce que des Entrepre-neurs particuliers n’y trouveroient pas un produit capable de les indemniser deleurs avances, Sc que fEtat a eu des dépenses d’une autre eípèce à faire jus-qu a présent. Le Canal que la Province de Languedoc va faire ouvrir d’Aigue-mortes à Beaucaire vis-à-vis de Taraícon (197), feroit un motif de faire abou-tlr a cette ville le canal de Bouc (229). Alors la Bourgogne Sc la ProvenceCroient par le canal de Languedoc une communication facile Sc sûre jusquesa i’Océan.
231. La plaine qui s’étend depuis Arles jufqu’à la mer contient une éten-due immense de marais, dont le dessèchement a étél’objet de beaucoup de spé-culations. En 1642 des Hollandois accoutumés à ces fortes de travaux, entre-prirent Sc exécutèrent ce dessèchement ; ils firent creuser des canaux qui em-portèrent les eaux jusqu à la mer dans un espace de 30 milles. Pour y parvenir,les Propriétaires de ces champs formèrent un corps de société, ils en abandon-nèrent les deux tiers aux Entrepreneurs du dessèchement; ceux-ci après avoirtini f ouvrage revendirent leur part aux Propriétaires, dont le corps subsisteencore, Sc nomme annuellement des Syndics qui veillent aux réparations deces canaux ; on impose des contributions au íoi la livre de chaque propriétéàr le pied où elles furent réglées dans le commencement. Cet exemple estbien pròpre à encourager ceux qui dans d autres Provinces se trouvent en pareilcas.
232. On devroit íur-tout le suivre en Provence pour les marais de la plainedHieres; ils font formés par des étangs Sc par la rivière de Gapeau qui débordedeux ou trois fois Tannée. On commença vers Tannée 1706 un canal appelleCeinturon qui auroit porté les eaux de la mer dans la plaine, Sc procuré aux habitansd Hieres un débouché pour la vente de leurs denrées qui font très-abondantes ;il auroit íur-tout remédié à Tiníàiubrité de l’air, qui est telle qu’on y voit régner^ous les ans des maladies dont presque personne n’est exempt, 8 c qui sont périrbeaucoup de monde; on donnoit à ce canal assez de largeur pour y faire en-trer des navires.
H avoit été décidé en 1706, que le Roi, la Province Sc la Communauté d’Hie-f es payeroient par tiers les frais de ces constructions ; mais la guerre de suc-cession devenant plus fâcheuse en 1707 Sc 1708, les fit discontinuer. Si le canale ^°it continué jufqu’à l’endroit où se terminent les marais, qui n est éloigné qued environ 4.00 toiles, il recevroit les eaux des débordemens de la rivière de Ga-peau, qui f e jettent aujoìird’hui dans les marais ; il faudroit ensuite changer le lit
la ravine de Roubaud, Sc la faire dégorger dans le canal; au moyen de ceseux opérations les marais feroient presque à sec , il n’y resteroit plus que leseaux stui viennent des étangs Sc celles des égouts des eaux pluviales qui fe
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Canaux d’Ailes*
Canal d’Hieres.