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Travaux repriss» 1774»
208 CANAUX DE NAVIGATION, C h a p, V11L
les rétablir en meilleur état, & les conduire jusqu à leur perfection; Ion s’é-loigne en tout de la mauvaise exécution qui avoit eu sa source dans une fausseéconomie , pour se conformer aux meilleurs principes de la méchanique Sí derbydraulique : les travaux ont commencé au mois d’Avril 1774.
248. Ce canal de Givors régné le long de la rivière de Gier, il est renfermédans un vallon étroit ; fà largeur est de vingt-quatre pieds dans ion lit, de36 pieds à fa gorge; íà profondeur commune de 6 pieds, pour 4 pieds de mouil-le , c’est-à-dire , 4 pieds d’eau, ce qu on a reconnu suffisant. On y fait 28 éclu-ses, dont quelques-unes font couplées. A la tète de ce canal à Rive de Gier il y auraun baíîîn, un port ou réservoir, capable de contenir 20 bateaux ; la prise d’eausera dans le Gier qui fournit à l’entretien de la navigation : cette rivière ser-pente beaucoup quand elle est baste, mais dans les grandes eaux son cours estplus direct; íà pente est trois fois plus grande que celle du Rhône qui n’a qu’unpied de chiite fur cent toises au-dessous de Lyon. *
Cette grande chiite du Gier a exigé 28 écluses fur 8330 toiles de longueur;il y en a 13 dans la première partie déja construite fur environ 3 milles, dontles écluses font de § à 9 pieds, les íàs ont 14 pieds de large & 75 pieds de long;ils ne peuvent contenir qu’un bateau à la fois. Les bateaux dont on íe serviraont 63 pieds de long fur 13 pieds & demi de large, portant do milliers; il ya cependant des bateaux plus plats, où l’on charge 80 milliers. En général ilsont trois pieds de mouille, & tirent trois pieds d’eau. Il y a fur cette pre-mière partie six ponts pour le passage des chemins voiíìnaux, deux ponts-aque-ducs fur lesquels paíïe le canal pour laisser couler par-deíïous des rivières ouruisseaux. Comme ce canal côtoyé des montagnes, Sc qu’il y a d ailleurs diffé-rons ravins qui s’y jettent, on a construit des puisards en maçonnerie pour yrecevoir les fables ou graviers que les crues d’eau y amènent.
Pour faciliter i’écoulement des eaux superflues, on a pratiqué fur la riveopposée des dégorgeoirs ou puisards en maçonnerie, qui font élevés de quatrepieds au-deíîùs du fond du canal, asm d’y entretenir cette hauteur d’eau recon-nue suffisante pour la navigation. Dans la partie supérieure il y aura 1 y éclu-ses, dont la chute moyenne fera de 12 pieds; des murs de soutenementcons-truits en maçonnerie de six à íèpt cents toises de longueur, en différens endroits,vis-à-vis des rochers & le long de la rivière de Gier ; deux ponts fous le canalpour l’écoulement des ruisseaux ; des perrés en pierres sèches distribués en plu-sieurs endroits pour retenir les terres des puisards ; enfin un bassin à Rive deGier avec un port commode pour 1 ’embarquement des marchandises.
249. M. de l’Orme, Académicien de Lyon , célèbre par son ouvrage íùrles anciens aqueducs de cette ville ** a bien voulu s’occuper des détails de cette
* Au-dessus du pont de Lyon, le Rhône n a pasquatre pouces & demi de pente fur cent toises, jus-qu a 1000 t. du pont de la LZuillotière en remontant;
mais au-dessous du pont il y a un pied par cent toi-ses ; ainsi cette pente du Rhône varie beaucoup sui-vant les lieux. La Saône a une contre-pente vers sonconfluant, de quatre pieds & demi fur 1700 toises;elle commence meme à remonter à trois milles &demi du confluant, suivant les nivellent ens de M.de rOrme ; en forte qu’élle coule parla pente du fond
Lc par l’impulsion des eaux supérieures, quoique leRhône tienne la surface de la Saône plus élevée versson confluant qu’elle ne l’est au-dessus de la ville deLyon : cela semble contraire aux réglés de la mé-canique & du nivellement ; mais quand il y a unecause étrangère, les règles ordinaires n’ont plus lieu.
** Recherches fur les aqueducs des Romains cons-truits a Lyon , 17 5 9 ; il en trouvoit 60 lieues de lon-gueur de z 5 00 roifes chacune.
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