2io CANAUX DE NAVIGATION, Chap. VIIL
de Beaujolois, qui, selon lui, n auroit que 40 milles de long, Sc qui ne coûte-roit que cinq millions. M. Boisfranc qui concouroit avec M. Daudet pour Inexé-cution de ce canal, l’avoit estimé 5501900 livres ; mais M. Thomassin a prétenduqu il couteroit 13 millions, Sc qu on ne pourroit pas rassembler assez d eau aupoint de partage.
La naiílànce de ce canal seroit à Aníè íìir la Saône, vis-à-vis de Trévouxdix milles feulement au - deíïus de la ville de Lyon ; il íuivroit le cours de larivière d’Azergue jusques au-destus de Chamelet ; delà, par le moyen d unpoint de partage dans la montagne de Gondran, huit milles au nord de Ta-rare, on joindroit cette rivière avec celle du Rhins,près de Magny, aux environsd’Amplepuis , & de Grandris. Ce point de partage seroit élevé de 80 toises,Sc auroit 4000 toises de longueur. Delà on continueroit de íùivre le Rhinsjusqu à la Loire, au-dessous Sc près de Roanne en Forez. Il regardoit ce canalcomme le plus court qui pût íè faire pour la communication des deux mers.Celui du Charollois par Longpendu auroit, dit-il, au moins trente lieues de lon-gueur depuis Verdun-íur-Saône jusques au port de Digouin fur la Loire.
Le canal de Lyon n aura au plus que 14 ou 15 lieues depuis Aníè jusqu àRoanne fur la Loire ; par le canal de Longpendu les bateaux chargés de mar-chandises mettroient au moins 13 ou 14 jours, pour aller de Lyon à Dijonfur la Loire : par le canal de Lyon, ces mêmes bateaux chargés de marchan-dises ne mettroient au plus que trois jours pour aller de, Lyon à Roanne.
Le canal de Longpendu ne pouvoit être entretenu que par les étangs, quise trouvoient à son point de partage, qui sont presque à sec les étés , ou pardes réservoirs que l’on se proposoit de faire pour recevoir les eaux des pluies,Sc des fontes de neiges : le canal de Lyon n’auroit jamais cet inconvénient ;íòn point de partage seroit toujours entretenu, même dans le temps des plusgrandes sécheresses par deux fortes rivières qui ne tarissent jamais , savoir, l’A-zergue Sc le Rhins, dont on tireroit des rigoles en les prenant une lieue plushaut pour fournir au point de partage entre Magny, qui est fur le Rhins quatremilles au nord d’Amplepuis Sc la papeterie, qui est íìir l’Azergue, quatre millesà l’orient de Magny, trois milles au nord de Chamelet.
M. Daudet íuivoit dans son Mémoire le parallèle de ion canal avec ceuxqui avoient été projettés pour la Bourgogne, Sc il étoit facile de lui trouverdes raisons de préférence; le canal de Bourgogne aura trois fois autant d’éclu-ses Sc coûtera trois fois autant; il rendra moins utiles les canaux de Briare,au lieu que celui de Lyon augmenteroit leurs avantages, il fera plus sujet àdes réparations, Sc par conséquent à des interruptions de navigation, Sc sonpoint de partage moins abondant en eaux.
Mais le canal de Beaujolois devoir passer fur une montagne dont la longueurest de 1000 toises, ce qu’on a regardé comme un ouvrage fort dispendieux,peut-être même impossible; Sc depuis qu’on a commencé d’exécuter la com-munication de Lyon avec la Loire parle Forez, & de la Saône avec la Seinepar la Bourgogne, l’exécution du canal de Beaujolois est devenue moins pro-bable.