DES ENVIRONS DU RHONE. m
251. II en est de mêrne d’un projet formé en 1731 par M. Christol, de canaid’AnscâLyon , pour fáire un petit canal à l’embouchure de l’Azergue , depuis Anse laSaone -jusqu a la Saône, dans une plaine de 1500 toises ; par le moyen de ce canal lesmarchandises qui remontent de la Provence pour Paris , au lieu d’être verséesa Pierre-bénite au-dessous de Lyon, remonteroient la Saône, & débarqueraienta Anse, d’où on les transporterait plus facilement à Roanne fur la Loire, ladistance étant moindre de dix à douze milles par Bagnols & par Tarare. If Au-teur du projet se chargeoit d'en faire la dépense à ses frais, aux conditions d’a-v °ir la propriété du canal, & un droit fur les marchandises qui y passeraient.
2 S 2. Dans la Bresse, Province située entre le Rhône & la Saône, deux c ana i de Bourgrivières utiles , la Veste & la Reyssouse passent lune Sc l’autre sort près ^ e enBieíre ‘Lourg-en-Breste, capitale de la Province, Sc vont se rendre dans la Saône ducoté de Mâcon. En réunifiant leurs eaux par une branche de canal, on pour-toit rendre navigable l’une des deux rivières, & l’on épargnerait en faveurde l'Agriculture urte multitude immense de bœufs qui font abîmés par les voi-tures, Sc dont les engrais sont perdus pour la terre.
La dégradation des chemins qui réíulte de ces charrois continuels, est d au-tant plus coûteuse dans cette Province, que la terre y est très-graste, qu’ontì y trouve pas de pierres pour ferrer les chemins, Sc que les mines de gravier sé~puisent. Les moulins dont ces rivières font couvertes y occasionnent, commedans la Picardie, des retenues d’eau qui inondent les valonS, produisent des ma-re cages au lieu de prairies, Sc forment des étangs au lieu de terres íromentiè-res. Puissent les vœux que je forme pour ces plaines chéries, être un joursecondés par fadministration ; puistìons-nous lui devoir ce nouveau genre debienfaits, Sc laistèr la triste restource des étangs à cêux qui n ayant point dé-roulement naturel ou possible pour leurs eaux , font obligés de se livrer à lacondition meurtrière de multiplier le poiston aux dépens de la santé & de lavie des hommes. *
Un Roi dont l’attention paternelle embrassoit fans cesse tous les objets utilesa ses sujets, Sc qui me parioit avec un tendre intérêt de cette Province, quifut autrefois du patrimoine de fes ancêtres, íè plaignoit de la trop grande cul-ture du riz dans le Piémont, qui faisoit autant de tort à fes sujets , que laMultitude des étangs aux habitans de la Bresse, Sc il cherchoit les moyens dediminuer les rizières chez lui.
Ue canal de la Bresse coûterait moins à la Province que la chaussée immensestu elle a faite vers 1730, pour arriver à Mâcon, Sc le beau pont qui vient d’êtrec °nstruit à Neuville-stir-Ain, pour pastèr de la Bresse dans le Bugey. L’íngé-tsieur habile qui préside à fes travaux , M. Aubry, dont nous parlerons à l’oc-Ca sion du canal du Bugey (253), ferait bien digne de rendre cet important■jervice à une Province qu’ii a dé j a si utilement servie, & qui ne plaint pointes dépenses utiles au bien public.
2 S 3 - Ln remontant le Rhône le long de la Province du Bugey Sc jusqu’au canal s a Rhône
... . îles moyens de changer les étangs en de meilleures
* L’Académie de Lyon, à ma sollicitation, a p r ° i ^ âe fonds.
pose cette année 1777 pour le sujet d un de ses p rl
en Bugey.
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