DES ENVIRONS DU RHONE. 212
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que Ion y trouve en quantité, 8c qui se tirent à grand frais de Ruíîìe 8>C dePologne par un immense circuit de navigation ; po ur cet effet ils proposoientde rendre le Rhône navigable dans la partie qui est au-deífous de Genève. M.
Bertin , Contrôleur général, les renvoya à M. Joly de Fleury, alors Intendant ^
de Bourgogne , 8c au mois d’Octobre on visita les bords du Rhône depuisle Fort de l’Ecluse jusqu’à SeyíTel,íìir-tout la fameuse Cataracte du Rhône où ce .fleuve se perd au pont de Lucey aísez près de Beliegarde qui est fur la Val-serine. Labase des rochers dans lesquels le Rhône est encaisse, est de pierretendre fur la hauteur d’environ 30 pieds ; le frottement des eaux la mine 8c laronge en dessous ; le destùs reste èn encorbellement jusqu à ce que le poidsde ces corniches excédant celui de leur cohésion, elles tombent 8c encom-brent le lit du fleuve ; telle est la cauíè de cette disparition des eaux du Rhônesu pont de Lucey, Sc de la difficulté de le descendre dans beaucoup d’autres par-ties. On visita aussi la cascade deMalpertuis íùr le territoire de Billiac, & plu-sieurs endroits où des rochers embarrassent le cours du fleuve & nuisent à lafloraison des bois. On permit aux freres Perroud de dr ester des plans du coursdu Rhône du côté de la France ; mais on ne put obtenir la même permis-sion íùr le côté de la Savoie. Ils allèrent eníùite dans le Va Hais ; ils visitèrentles forêts qui font depuis Saint Maurice, à trois lieues du lac de Genève jusqu àla petite ville de Breig, située au pied du mont Saint Plomb, à trente lieuesdu lac ; ils reconnurent dans ces forêts qui ont plus de dix lieues de long íùrquatre ou cinq de large, cfimmenses quantités de grands A gros sapins rougesque l'on pourroit aisément couler dans le Rhône, 8c qui coûteroient moinsque les bois du Nord. Les lieues íònt ici d’environ trois mille toises.
Mais il y a auísi dans cette partie íùpérieure du Rhône deux endroits où lepaíîage est impraticable, juíqu’à ce que les rochers en íoient eícarpés ; l’unappellé le Bois noir à une demi-iieue de Saint Maurice, f autre à six lieues au-dessus de Sion près du pont de Louesche.
Dans la Diète ou Assemblée d’Etat qui se tint au mois de Décembre , laProvince du Vallais consentit à la demande des sieurs Perroud, 8c ils s’occu-perent a former une Compagnie qui pût exécuter cette entreprise à ses frais.
Ils promettoient de le faire dans l’eípace de dix ans, au moyen du privilègeexclusif, 8c d un droit de péage qui leur seroit accordé par le Roi, avec tou-tes les exemptions 8c les facilités qu’on a coutume de donner pour la constructiondes canaux. La République de Berne íaisoit eípérer qu’elle finiroit le canaldYverdon, ce qui auroit rendu celui du Rhône incomparablement plus utile.
Les sieurs Perroud ajoutoient auflì que dans le cas où la navigation rencon-trer oit trop de difficultés dans le lit du Rhône, ils feroient un enbranche-1Tlent de canal au-deíïùs de la perte du Rhône jusqu’à la Valserine, & delàP^A^batiilon , Muflel, Arlod , Billiac Sc Geniísiat, pour déboucher dans leRhône vers la maiíòn du parc où le Rhône commence à être navigable. Cettetraitée jusqu’en 1762 ; mais on ne tarda pas à voir l’impossibilité deperfectionner le lit du Rhône, 8c la nécessité qu’il y auroit d’y faire véritable-tstent un canal : c’est de quoi s’est occupé M. Aubry. Ce projet a été íùivi avec
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