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CANAL DE BOURGOGNE. 223
De tous les fleuves de notre France, il n y en a point qui doivent plu-»tôt être conjoints, que ceuxde la Seine Sc de la Saône. La Seine qui eft comme «le sang qui nourrit, & qui entretient le cœur Sc la plus noble partie du »Royaume, le Tibre de notre France, la plus belle & la plus commode «de toutes nos rivières, & la Saône si proche & si contiguë à la Seine , que «les peuples qui autrefois l’habitoient & qui étoient entre ces deux rivières «étoient appelles Sequanois. Auflì est-ce une rivière facile Sc si commode à «la négotiation, qu à son dire César faisoit ordinairement ses greniers & ses «magasins de vivres par icelle , Sc dans les villes qui y étoient situées : Sc le «Fays adjacent si riche, si fertile Sc si abondant, qu il suffit & peut donner «à la vie toutes ses nécessités, voire avec grand largesse. Ce qu autrefois les ccGermains appellés au secours des Bourguignons, ayant recogneu, Sc alléchés «de la bonté & de la fertilité du terroir , au lieu de quinze mille qu ils y «étoient venus du commencement avec Arioviste, s y trouvèrent fort peu de cctemps après jusqu a six vingt mille, que ce seul pays substantoit avec ses ccoriginaires n.
Et qui doit desirer & promouvoir cette affaire davantage , que celui «qui heureusement nay en 1 a Bourgogne, élevé dignement, & par sc S vertus «( comme un autre Aristide ) a la principale charge de la direction des «finances du Royaume, n’a toujours eu pour son étoile , & pour sa cynosure, «que la gloire, fhonneur Sc la conservation d’icelui «.
Telle est la manière dont s’exprimoit Charles Bernard en 1613, fur 1 uti-lité dune communication entre TOuche& l’Armançon; mais le canal de Cha-ïollois paroissoit plus facile, Sc f entreprise du canal de Briare qui sembloityêtre liée, fit perdre de vue le canal de Bourgogne.
269. Ce ne fut qu’en 1676, que le célèbre. Riquet fut chargé de visiter les
rivières de Bourgogne pour voir comment pourroit communiquer la Saôneavec la Seine : il étoit question alors de plusieurs moyens, 1 , de joindre laVingenne qui tombe dans la Saône au-dessus de Pontaillier & à quinze millesde Dijon, avec f Aube qui se jette dans la Seine à Marcilly, vingt milles auNord-Est de Troyes ; 2°, la Tille qui va tomber dans la Seine, avec l’Ourcequi se perd dans la Seine à Bar-sur-Seine : ce projet a ete renouvelle en 1738 parM. Vaulthier, Ingénieur à Troyes, comme nous le dirons bientôt; 3 > 1 Ignonqui tombe dans la Tille auprès de Tréchateau, en le prenant vers le villagede la Margelle pour le joindre à la Seine vers Billy-les-Chanceaux ; mais ilParut à Riquet, dit M. l’Abbé Expilly d après M. Thomassm (fans le citer),que les montagnes séparant ces diverses sources, étoient des obstacles insur-montables ; j’ignore quel fut 1 avis de M. de Riquet. . ,
270. Après le traité de Risvick en 1696, on revint aux idées de com-merce. M. le Maréchal de Vauban chargea M. Thomassm de parcourir encorela Bourgogne , A il lui remit un Mémoire qui contenoit cinq projets à exa-miner. Le premier de ces projets étoit celui du canal de Charollois pour join-dre la Saône Sc la Loire par Longpendu. Dans les quatre autres, il s agissoifde faire communiquer la Saône à la Seine, d’abord par l’Ouche Sc i’Armançon,
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Autre projet en1 696.
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