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CANAUX DE NAVIGATION ,Chap. IX.s, capables de porter les mêmes charges que portent les rivières de la Saône» Sí de Loire, Sí cela fait qu on pourroit achever le canal de Briare pour y» joindre la rivière de Seine ; Sí en faire sentir le fruit à notre ville de Paris.
» L'on dit encore qu’auprès de Saulieu , au pays d’Auxois , une petiteN rivière nommée Thorenay , qui est du côté de fnidy, fè va joindre à la rivièreN d'A roux qui tombe en Loire, peut être jointe avec la rivière de la Creuíè, qui» se décharge du côté du Septentrion en la rivière d’Ionne Sí Ionne eá Seine, &» peuvent être astemblées ; mais bien que l’ouverture en ait été faite au Conseil» du Roi, cela ne va qu’à une conjonction de rivières, Sí non pas à une» conjonction de mers, puisque Sí la Seine & la Loire, où les fleuves inter-;) médiats se déchargent, tombent toutes deux dans la mer Océane.
» 268. La troisième est par la rivière d’Armanson qui chet dans Ionne, &» Ionne dans la Seine , avec la rivière d’Ouche, qui paflànt à Dijon se va dé-» charger dans la Saône aflez près de Saint Jean-de-Laune ; mais pour delà join-» dre àPouilly, comme l’on prétend, il y a une montagne si haute que quelqueï) dépense qu’on y puisse faire , il sera bien difficile qu on vienne à bout de» ce dessein.
» Et à considérer exactement les cartes particulières , qui expressément ont» été faites pour cela , il semble qu’il n y ait point de conjonction plus facile ni,» plus fructueuse que celle de ces rivières d’Ouche Sí d’Armaníon ; mais» que cette conjonction se doit faire à i’endroit de Grosbois qui est au-deflùs» de Viteaux , en tirant à Château-neuí, lequel est íùr la rivière d’Ouche , n’y» ayant de distance de l’un à l’autre que de trois lieues, & cet espace de terre» à retrancher, Sí à rendre les lits & bassins de rivières de l’échantilion de» huit toises de largeur, Sí de trois ou quatre pieds de profondeur.
» U y a une partie de ces fleuves déja bien capables de navigation , celui» d’Armanson a été rendu depuis peu navigable quasi jusqu’à moitié, qui n’est» gueres éloigné de Château-neuf, & celui d’Ouche assez près de Dijon, peut» porter des bateaux, Sí tout ce travail pour l’une & pour l’autre rivière ne» seroit pas si rude, de si grands frais, ni de si grande étendue que celui de» la Bourbinche avec la Deunne ; Sí si cette ville de Paris, le siège & for-» nement du Royaume, en seroit décorée , & en sentiroit le fruit, Sc la com-» modité qui en rendroit i’entreprise plus auguste , assemblant par cette naviga-» tion trois Parlemens de la France, celui de Paris, comme au centre, avec celui» de Bourgogne Sí de Normandie.
» Et puis l’on pourroit encore avec assez de facilité joindre la rivière de>0 Loire à ces fleuves, n’étant Château-neuf distant que de quatre lieues d’Ar-» nay-le-Duc, où commence la rivière d’Aroux qui tombe dans la Loire ;
» laquelle on travaille à présent à rendre navigable, Sí qui le pourra être» fort aisément, comme tous les autres par le moyen des écluses , Sí des pon» tes qui retiennent les eaux ; inventions modernes d’écluses, & portes, íàns» laquelle ces conjonctions ne peuvent être que très-difficilement entreprises,
» Sí le défaut, Sc l’ignorance deíquelles à possible empêché l’antiquité de» venir à bout, Sí de penser à tels aísemblemens de mers, & de fleuves, & de» les rendre navigables. ,