CANAL DE BOURGOGNE. 22J
stiais il offroit de démontrer à íès frais, que la quantité d’eau qu’on y pouvoitrecueillir íèroit íiiffiíànte , non-seulement pour fournir à la navigation d’un ca-na l - mais pour entretenir une rivière , si elle étoit bien ménagée ; il ne deman-doit pour cela que des Lettres-Patentes, & la direction générale de l’entre-prife. M. le Régent renvoya son projet à MM. les Elus de Bourgogne pourle faire examiner íur les lieux , ce qui fut fait en présence de l’Elu de la No-bleílè, & du Trésorier, par le sieur Morin, Ingénieur de la Province, accom-pagné de f Architecte des Etats , qui en dreíïa ion Procès-verbal le 6 Septem-bre 1718. La Jonchère, dans son premier Mémoire imprimé en 1718, ne portela dépense de ce canal qu à quatre millions ; il fait voir qu’il peut rassemblera son point de partage plus de 60 pouces d’eau vive, Sc intaristàble dans lesplus grandes sécheresses; qu’à cette eau de source On peut joindre, paf le moyendes rigoles Sc réservoirs, celles des pluies Sc des neiges de plus de quatrelieues detendue; retranchant les deux tiers pour les pertes » A évaporation,le relie íuffiroit, selon lui, au paíîàge de 126 bateaux tous les jours ; mais il mesemble que ce calcul étoit bien exagéré ; Sombernon étoit plus élevé de 400pieds que Pouilly dont nous allons parier, Sc ce projet étoit mal çonçu à touségards.
272. Onvoit dans les lettres de M. Thomaísin íur les canaux, que M. de á e M.-áeia
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Louvois ayant acquis les terres de Tonnerre, Sc d’Ancy-le-franc, placées íurl’Armançon, avoit conçu i’idée de la jonction des mers , en prenant la routede la Brenne , avec un point de partage à Sombernon, Sc qu’il y avoit envoyéM. de la Cour, Ingénieur, en qui il avoit beaucoup de confiance. Cet Ingé-nieur n’ayant point trouvé assez d’eau dans le canton de Sombernon, avoit tour-né fes vues du côté de Pouilly qui est sept milles Sc demi au midi de Vit-teaux , huit milles au nord d’A rnay-le-Duc, treize milles à f orient de Saulieu ,où passera le chemin projetté de Dijon à Saulieu; il y trouvoit les sources deBeaume qui étoient très-abondantes, Sc il propofoit de faire son canal à côtédu lit de l’Armançon; mais l’obstacle des rochers de Semur, le peu d’eauqu’on pouvoit eípérer des environs de Pouilly firent abandonner ce projet ;c’est cependant celui que l’on a adopté depuis ; mais il ne fut examiné pourlors que fort superficiellement.
Cependant on trouve dans le Procès-verbal de M. Morin dont nous avonsparlé ci-dessus, les raisons qui tendent à établir la possibilité du canal de Somber-non dont il a été question, pendant plusieurs années. La Jonchère ayant long-temps sollicité avec activité des Lettres-Patentes, Sc ayant eu beaucoup de per-sonnes dans ion parti, il fit un factum contre les Etats de Bourgogne, Sc unejustification de son factum , dans lequel il fit une critique sanglante du pro-l et du canal par Pouilly ; mais on verra bientôt que c’étoit le meilleur (274).
273. M. de Riquet avoit fort approuvé en 1676 un projet de communica- Pl . 0 j e tpati’Ourcetion par l’Ource Sc les Tilles dont nous avons parlé ; MM. Sauvage, dans leur &les Tllks ‘Procès-verbal de 1700, difoient que cette idée étoit grande Sc belle; mais dunedepense excessive. Cependant ce projet de canal par lOuree Sc les Tilles futpropose de nouveau en 1737 par M* Vaulthier, Ingénieur à Troyes, dont l’inf-
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