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226 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. IX.
pectipn s’étendoit juíqu’à i’endroit d’où partent les eaux qui coulent au Nord& au Sud de la France. Depuis quelques années, on parloit beaucoup du canalde la Saône à la Seine , & il crut qu il étoit utile de faire dans ses tournéesles observations qui pouvoient s’y rapporter. Il ne íàvoit pas si íes remarquesíèroient nouvelles, & il ignoroit alors qu on s en fut occupé.
S’étant informé en différens lieux d’un endroit où les sources qui se jettentdans la Saône & dans la Seine fuísent les moins éloignées, il apprit que dansune vallée ou la Tille prend íà íource, vingt-quatre milles au nord de, Dijon,A six milles au nord de CuíTey, il y avoit une petite croupe qui coupoit cettevallée ; que cette croupe nommée Faret y au nord de Grançey, pouvoit êtrecoupée, eníorte qu’en mettant à profit toutes les eaux qui íont très - abon-dantes aux 'environs, on pourroit former un canal. Il se fit conduire íùr les lieux,& il vit que cette croupe n’avoit pas plus de cent toises dans íà plus grandelargeur; que íà hauteur étoit d’environ sept à huit toises, le tout par estime,& que du pied de cette croupe sortoit un ruisseau , qui à une lieue delà se jettedans la rivière d’Aube , laquelle afstue à la Seine, à Marsilly près Nogent-íùr-Seine, & est navigable dès le bourg d’Arcy à six lieues de Troyes ; près delàest auísi la íource de l’Ource qui tombe dans la Seine à Bar-íùr-Seine.
De l’autre côté de cette croupe, il vit plusieurs fontaines dont les unes fontà mi-côte, & les autres au pied , toutes peu abondantes formoient, la source dela Tille, laquelle se jette dans l’Ouche , & celle-ci dans la Saône, entreAuxonne & Saint Jean-de Lône.
Il n’y auroit que 12 à 13 milles de canal à faire entre Grançey & Aube-rive. Entre Poinsenot, Poinçon, Prastey, la Margelle & Auberive , il y a unedivision des eaux très-bien marquée doù elles coulent au Nord & au Sud; lesunes & les autres ont leur source dans une vallée, laquelle est coupée parune petite croupe de cent toiíes de longueur au plus fur sept à huit toises d’élé-vation, fans laquelle les íourcesde ces eaux íèroient confondues , parce qu'el-les íbrtent du pied & même à mi-côte de cette croupe de Faret.
M. Vaulthier s étoit asiùré du cours de l’eau jusqu’à un point de partage desix toises de largeur, ce qui n est rien; le fond du terrein est tout roc , lesbois abondent dans ces quartiers, & les matériaux pour les ouvrages coùte-roient peu ; il y a de toutes parts une quantité considérable de sources donton peut faire usage ; 1 expérience a convaincu qu elles ne tarissent jamais : ilest question de pouvoir les amener au point de partage, afin de fournir danstous les temps le volume d’eau nécessaire à un canal ; qui, s’il étoit possible ,seroit le plus fréquenté de tous ceux qui ont été faits en France.
Les sources de i’Ource 8 c de la Tille qui sortent des deux côtés du point departage, ne peuvent donner par jour dans les basses eaux, que la quatre-ving-tième partie de ce quil en faut pour en remplir un canal de 2084 toises delongueur , ou une lieue commune de France, íùr quatre toises de largeur 8 íquatre pieds d’eau de profondeur, volume qu’il faudroit renouveller deux foispar jour s’il étoit possible, pour un train de bateaux montant & un train des-cendant, Sí qui par oît devoir suffire pour porteries bateaux montans & descendans