CANAL DE BOURGOGNE. 227
jusqu aux rivières navigables, avec le secours de celles qui ne Tétant pas, peu-vent le devenir en soutenant seau par des écluses.
Le terrein de Faret qui fait le point de partage, Sc la division des eaux quicoulent au Nord Sc au Midi, paroît à la vérité tout gonflé d'eau, & il en jette
tous côtés une infinité de petits filets comme un arrosoir, ce qui peut faireprésumer dans le centre un rameau d’eau abondant, lequel doit venir dunesource plus élevée ; peut-être rien efl-elle pas éloignée, & Ton pourroit laconduire à ce point de partage ; mais il faut pour cela des recherches exactes,Un nivellement fait par gens expérimentés, Sc avoir le temps & le moyen deLire les découvertes 8 c le travail néceflàires pour y parvenir.
H y a autour du point de partage une très-grande quantité de sources abon-dantes, Sc un étang d’eau vive qui en fort, éloignés d’un quart de lieue, d’une& de deux lieues, dont en suivant le cours on pourroit prendre le niveau ;ces eaux coulent dans des vallées interrompues,& qui s’ouvrent en plusieurs en-droits : tout ce canton efl entre-coupé de monticules Sc de vallées de 3 o , 40,5o, & 100 toises de largeur; il y a très-peu de terre, le fond étant roc detous côtés, depuis le bas jufqu’au sommet des monticules les plus élevés, Sc ony trouve communément de petites sources sortantes à 10, 20,30, &40 piedsd élévation au-deflus des vallées.
La nature Sc la disposition du terrein sont très-convenables pour faire desréservoirs d’eau comme celui de Saint Ferriol au canal de Languedoc.
II y a peu d’excavation à faire pour ouvrir le point de partage, Sc les terrespeuvent être jettées de part Sc d’autre dans le vallon qui est fort large Sc enpente douce.
Les positions de Santenoge à Buflières, dans l’intervalle desquels est le pointde partage des eaux qui coulent au Nord Sc au Midi, peuvent se voir sur toutesles cartes , Sc spécialement siir la partie Méridionale de la carte de la Cham-pagne, de Jailiot, parce quelle íuffit pour prouver que dans toute Tannée il fortde Faret des eaux qui affluent à la Seine & à la Saône, qui ne font diviséesflue par un intervalle de 200 toises au plus.
A la jonction de l’Ource, la Seine fournit aflez d’eau pour naviguer toute1 année fans écluses ; il seroit feulement nécessaire de rectifier le lit de cetterivière dans quelques endroits où il ria pas aflez de fond, Sc s’élargit trop, dansespace de treize lieues, en comptant depuis Bufley à demi-lieue au-deflusde Bar-fur-Seine jufqu’à Meri-íur-Seine à six lieues au-deífous de Troyes : il enest de même depuis le confluent de la Tille & de l’Ouche jusqu à la Saône, cetintervalle n’est que de trois lieues.
Le moulin de Buflìeres qui est un peu au midi de la croupe de Faret, a^ canal qui donne dans les plus baffes eaux 2600 pieds cubes d eau par jour,a raison de deux heures de travail par jour du moulin, dont le biez ou auge^ onze pouces six lignes de largeur, Sc jette quatre pouces six lignes d’eau defauteur, Sc douze fois autant en hiver. Au Nord est le moulin de Santenoge,dont la riviere donne y200 pieds cubes d’eau par jour dans les bafles eaux,a raison de quatre heures par jour de travail, fur les mêmes proportions*