2Zv ( CANAUX DE NAVIGATION, Chap. IX.ainsi supposant toujours deux bateaux à la sois, il ne faut que 80 pouces d'eaupour fournir à leur paílàge aux premières écluses ; de chaque côté du point departage, les sources de Beaulme en fourniífent seules 310, & M. Abeille entrouvoitprès de 1000 à la même hauteur, ou 3000 avec les environs, où il y2 13 sources ou ruisseaux, en négligeant une douzaine d autres pour suppléerà la transpiration Sc à f évaporation, mais que les rigoles prendront en paíïànt.Il a choisi l’état moyen où ces sources se trouvent au moins six mois de Tannée.Le seuil de Pouilly est élevé de 74 pieds au-deíïùs des plaines d’Eguiliy Sc deComarain, il ne s’agit que de Tabaisser entre Vandenesse où fera le point departage Sc Eguilly, vis-à-vis de Martrois, à six milles delà; mais fur une lon-gueur de 1800 toises seulement, où la hauteur va en diminuant, en forte quele point de partage s’étend dans les deux plaines fur 6452 toises de longueur,Sc forme un bassin assez bas pour recevoir les eaux de toutes les sources qu ony devra conduire.
278. Suivant le Procès-verbal de M. Gabriel, imprimé en 1727, le point departage est établi dans une plaine, qui commence au bois de la Feuillée à unquart de lieue de Vandenesse, qui est à 3200 toises au Sud-Ouest de Pouilly,Sc conduit avec le niveau jusques vis-à-vis Martrois, qui est à pareille distanceau Nord-Ouest; par-là on demeure au-dessus des sources Sc ruisseaux des val-lons de la Brenne, du Serain, Sc de TArmançon, pour donner une pente con-venable aux rigoles, qui doivent conduire ces sources dans le point de partage»
Delà le canal passera vers la pointe du bois de Grand-Champ , la plaine deSaint Thybaud, jusqu’à Touverture où les montagnes se séparent heureusementpour donner un passage dans le vallon de la Brenne, comme le conseilloit laJonchère, au-deiîous de Vitteaux, 8c aller delà à Sainte Reine Sc à Montbard;il passe par ce moyen à plus dune lieue Sl demie de Montigny Sc de Semur,où les rochers íormoient un obstacle.
27p. En 1729, M. Merchand d’Eípinaíïy obtint des Lettres-Patentes enforme d’Edit, pour Touverture de ce canal par Pouilly , aux frais dune Com-pagnie qu il se proposoit de former. Il s’en étoit occupé dès 1721 avant Tar-rivée de M. Abeille en Bourgogne: son projet est au Greffe des Etats; maisil étoit informe Sc mal conçu ; il le réforma ensuite, & il ne différé pas sensi-blement de celui de M. Abeille.
280. Le canal de Bourgogne par Pouilly avoit été adopté par les plus habilesIngénieurs; mais on avoit été rebuté par la dépense: en 1751, M. Tr u daine'encouragé par M. Joly de Fleury, alors Intendant de Bourgogne , reprit enconsidération cet utile projet; il chargea M. de RegemorteTaîné, célèbre Ingé-nieur, d en aller faire l’examen en 1751, & il en dressa son rapport. En 1752,M. Chezy alla de nouveau travailler à cette vérification, Sc il y paíïà près d’unèannée pour faire les niveliemens Sc les autres opérations nécessaires. M. Bertin-Ministre Sc Secretaire d’Etat, ayant été chargé par le Roi du département descanaux navigables, tourna toute son attention vers ce projet important ducanal de Bourgogne, dont on recommençoit à parler, comme on le peut voirdans le projet imprimé en 1763 , à Paris chez C. F. Simon, Imprimeur de la