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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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sz8 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. IX.

livres pour un bateau chargé de 80 milliers ; & en íuppoíant quil doivepaíTer 4000 bateaux par année íur ce canal, ce qui égaleroit à peu près la navi-gation du canal de Coing, ce seroitpourie total une épargne pour le Commercede 2880000 livres par année. Joignons à ces avantages celui de íìdvre la Saônedont la pente est beaucoup plus douce, & la navigation plus affinée en touttemps que íur la Loire, & l'on verra que le canal de Bourgogne seroit préféra-ble à tous égards pour le commerce des deux mers.

Si l’on examine présentement le prix du même transport en se servant desRouliers, il en coûte 65 livres par millier, y compris les droits; le temps dutrajet est de 18 ou 20 jours.

Le prix est presque le même lorsque l'on remonte la Saône jusqu’à Chal-lon, à cause de 4 livres à payer pour les octrois; mais quand on luit de plusl'Yonne & la Seine depuis Auxerre jusqu'à Paris, ce prix íè trouve pour lorsréduit à 54 livres. Al'égard du temps, il est également d’environ 20 jours.

Ainsi le transport qui se fait par terre, est plus cher de près du double qu'enpassant par la Loire ; il est cependant préféré pour les marchandises de prix ,Sc pour celles que l'on veut faire arriver avec plus de sûreté ou à journée fixe,au lieu que l'on pourra transporter tout à moins de frais, avec la même sûreté,Sc auffi promptement, en suivant le nouveau canal.

On a prétendu que les vins fins comme ceux de Nuits, Beaune Sc Volnay,àc. perdoient de leur qualité dans le traníport par eau ; cela n’est pas bienconstaté ; il est certain que les Marchands ne font pas de difficulté de faire voi-turer par la Loire les vins du Challonnois Sc du Mâconnois, ainsi tous ceux dela Bourgogne en général pourront être conduits par le nouveau canal, où ils neíèront point secoués comme fur les voitures ; les coulées seront moins consi-dérables , Sc. le temps du traníport ne fera pas plus long.

On volt auffi des vins qui font amenés à Challon par la Saône, pour êtreeníuite conduits en droiture à Paris par des Rouliers *. II paroîtroit plus na-turel de les embarquer à Auxerre pour descendre l’Yonne Sc la Seine íùr 40lieues de longueur; car le transport d'un muid de vin par terre coûte 18 à 20 -livres, L par eau il ne reviendroit qu'à 12 livres; mais il y auroit environ 4 liv.de droits à payer íur la rivière, y compris 3 livres à Joigny ; la différence neseroit plus que d'environ 3 livres par muid. Cet article peut entrer en compen-sation avec la remise qu’il faudroit faire à un Commissionnaire qui seroit chargéà Auxerre de recevoir â faire embarquer les vins; le retardement que cela occa-sionneroit d’aiiieurs, f infidélité, l’intempérance des Bateliers **, Sc les frais dutransport depuis l'arrivée au port jusques chez les Marchands de Paris, doiventauffi entrer en considération dans la préférence que l’on donne aux Rouliers ,qui répondent d’ailleurs de ce qu’on leur confie.

Mais on voit toujours que les péages ou droits de rivières font perdre favan-

* Les Rouliers viennent gagner la route de Troyes ,pour eviter de passer le pont de Joigny, où ils auroientà payer un droit de 3 livres par muid , pareil à celuique l’on paye en passant fous le pont.

Les Voituriers par terre font souvent sujets aumême défaut , principalement fur la route d’Or-

léans à Paris ; mais 011 prétend qu’au moyen de 4 0fols par muid que l’on paye de plus depuis Tonnerrejusqu a Paris, c’est-à-dire, 10 livres au lieu de r 8liv. on trouve des Voituriers fur la fidélité deí-quels on peut compter.