CANAL DE BOURGOGNE. 239
tage essentiel que l’on devroit retirer des rivières navigables ; on feroit en partiedédommagé de la suppression de ces sortes de droits par la dépense que l’onepargneroit sur i’entretien des chemins, 8c par le soulagement des habitans de lacampagne qui font en partie chargés de cet entretien. Il en est de même dudroit que l’on perçoit íiir la Seine, dont la suppreíîion paroît également nécefffaire; elle favoriseroit le Commerce par le nouveau canal, sùr-tout celui desvins.
290. Rétablissement du canal de Bourgogne & la suppression des droitsIhr les rivières de la Saône 8c de la Seine, produiroient encore un grand avantage,En ce que le nombre des Bouliers diminueroit considérablement, & cettediminution feroit rentrer auprosit de la culture & de l’humanité une grande quan-tité de terrein : on íàit qu’un seul homme peut traverser les canaux de Briare8c de Loing qui ont 53 milles de longueur en 8 ou 10 jours de temps, entirant après lui un bateau chargé de 200 pieces de vin du poids de 100 milliers,8c qu’un seul Marinier conduit ce bateau. Mais par terre un cheval ne tire qu’unmillier pesant; il employeroit trois jours au moins au même trajet de 53 milles;il faudroit cent chevaux 8c à peu près vingt-cinq hommes pour conduire lemême poids ; ce feroit pour le total du trajet journées d’hommes, & 300journées de chevaux de plus pour conduire le même poids. Il paíîe environ3800 bateaux fur ces canaux; nous les réduirons à 3000 parce qu’ils ne fontpas tous chargés de cent milliers pesant; ainsi il en réíulteroit une épargne de165000 journées d’hommes 8c de 900000 journées de chevaux ; 8c en comp-tant 300 journées de travail pour chacun , ce fera y 50 hommes 8c 3000 che-vaux de moins.
II faut ordinairement pour nourrir un cheval de trait au moins six arpensd’avoine, à quoi il faut ajouter trois arpens pour la moitié en lus, néceíïàirepour le repos de la terre de trois années lune, & deux ou trois arpens de prés,le tout faisant onze à douze arpens que nous réduirons à dix, les 3000 che-vaux de moins doivent donner 30000 arpens de terre, que l’on acquerra auprofit de l’humanité pour une feule longueur de 53 milles de canal, ce quiíuffiroit pour 24 milles hommes; comme on l’a vu dans notre Préface.
Si l’on considéré présentement que la construction du canal de Bourgogne8c la suppression des octrois fur la Saône 8c fur la Seine , pourront faire pré-férer le traníport par eau, fur plus de 240 milles de longueur depuis Lyonjufqu’à Paris, qu’un bateau pourra être tiré par deux chevaux íur les rivièresa ìnsi que íur le canal, pour plus de célérité, on concevra combien fera con-sidérable la quantité de terre qui rentrera pour futilité publique, 8c combienauíìi on épargnera d’hommes qui pourront être restitués à la culture.
Les nouveaux chemins que l’on a établis en France depuis 40 ans tendentaussi au même avantage, en diminuant le nombre des chevaux, en donnantla facilité de tirer un poids qui est souvent double, 8c pendant moins de tempsqu on ne pouvoit le faire fur les anciens chemins ; mais les canaux 8c les riviè-res navigables seront toujours préférés lorsqu ils se trouveront affranchis desdroits onéreux qui pourroient faire perdre l’avantage qu’ils ont íur les chemins