CANAL DE BOURGOGNE. 241
livres. Ce bled vient de la Champagne, de la Bourgogne Sc de l’Auxois. Oncharge enfin une centaine de bateaux de bois à brûler, 150 bateaux de char-bon Sc 50 bateaux au plus de foin : le tout pour Lyon.
Indépendamment des diligences Sc autres voitures publiques, qui portentâes marchandises pour le commerce réciproque de Paris à Lyon , il vient deLyon à Challon deux coches d’eau par semaine en deux jours Sc demi. Cha-que coche peut porter 40 milliers, en épicerie, soyerie, draperie Sc mercerie*II y vient aufíì chaque semaine ordinairement un convoi de plusieurs bateauxportant ensemble à peu près cent milliers de marchandises ; de plus , environ' 2OOO pieces de vin venant du Languedoc Sc du Dauphiné.
Suivant un relevé fait chez le Receveur des octrois, on a reconnu qu an-née commune prise íur les dix dernières années, il passe à Challon par la Saô-ne, tant en remontant qu’en descendant 88247 quintaux de toutes fortes demarchandises, dont environ moitié du total est destiné pour Paris Sc Rouen. Onn a point compris dans cette quantité les marchandises qui passent en fran-chise, en conséquence des passe-ports du Roi.
Enfin le canal de Bourgogne fera extrêmement utile à la Franche-Comté,qui pourra envoyer directement juíqu’au centre du Royaume íès bleds , sesvins, ses fers, ses bois, ses chanvres, ses fromages, par la Saône Sc par leDoubs, qu il seroit facile de rendre navigable, comme nous aurons occasion dele dire.
293. Le Commerce de Maçon consiste principalement en vin que l’on trans-porte , ainsi que ceux du Challonnois, à Digouin pour être conduit à Paris parla Loire Sc les canaux de Briare Sc de Loing : le tout peut aller à iyooopieces par année, comme on la dit ci-devant, Sc c est le principal avantage ducanal de Briare, dont le revenu augmente à proportion de la récolte des vinsen Mâconnois.
Une partie des marchandises qui passent par Rouen Sí les canaux, & unepartie de celles que l'on voiture par terre, pourroient par la fuite être con-duites íur le canal de Bourgogne ; mais pour être mieux en état d’apprécierle commerce réciproque de Lyon avec Paris, & le nombre de bateaux quipourra passer par le nouveau canal, il faudroit avoir un relevé pris íur lesregistres des octrois de ces deux villes, des marchandises qui y font entrées'depuis quelques années, Sc de leur poids , íùpposé qu’il se trouve marquéíùr ces registres, ainsi que le lieu du départ de ces marchandises.
Ce canal comprendroìt de plus partie du commerce intermédiaire d’entreLaris Sc Lyon , Sc les nouvelles branches de commerce que la facilité du trans-port pourroit occasionner. M. Joiivet, dans la Pièce qui a concouru pour leprix de f Académie de Dijon en 1763 , astùre que les marchandiíès feules quifont sorties du Duché Sc du Comté de Bourgogne pour le pays étranger pendantdouze années, jusques Sc compris 1759, doit être estimé, année commune, à2513682 livres, íàns compter les vins pour Paris. Il pourroit bien passer moitiéde ces marchandises par le nouveau canal.
Pendant les huit années qui ont précédé 1761, il a passé à Ne vers, íùivant
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