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340 CANAUX DE NAVIGATION, Chaí*. IX.
par terre, Sc dont on a vu divers exemples dans la Préface de cet ouvrage.
291. Le Commerce de la Bourgogne qui est déja considérable, le devien-dra bien davantage par la construction du canal. Les ports de Saint Jean-de-Lône & de Challon, fur la Saône, & celui de Digouin fur la Loire . íont ceuXqui contribuent le plus essentiellement à Ce commerce ; on peut ajouter ceuxde Seur , de Verdun Sc de Maçon, qui font aussi situés fur la Saône. LeCommerce de Saint Jean-de-Lône consiste principalement en bled Sí en avoine,que l’on y fait voiturer de Dijon 8c des environs pour les conduire à Lyon.II peut y arriver 5000 voitures, chargées chacune de 2.000 pesant, ou trois émi-nes de bled chacune d’un poids de 680 livres; en 1762 le commerce a triplépour le bled, à cause de la disette de ITtaiie. Il n’y a que fort peu de com-merce en remontant de Saint Jean-de-Lône à Dijon, 8c les Voitures s en retour-nent ordinairement à vide. La Saône n’est plus navigable au-dessus de Verdun,mais on pourroit prolonger encore un peu cette navigation.
Le canal dans cette partie seulement, ne ferviroit en descendant, qu’aupassage d’environ 125 bateaux, chacun du poids de 80 milliers pour le commerceactuel du bled Sc de i’avoine; mais les marchandises venant de diverses partiesde la Champagne , de la Lorraine Sc de la Bourgogne , que l’on fait conduireà la Saône au-dessus de Saint Jean-de-Lône, pourroient venir à Dijon pourêtre embarquées fur ce canal. On estime qu’il y a chaque année 1700 bateauxchargés de ces marchandises, & de celles qui descendent de la partie supérieurede la Saône depuis Port-fur-Saône , où la rivière commence à être navigable ;elles font destinées en général pour Lyon Sc la Provence, 8c passent à SaintJean-de-Lône fans s’y arrêter. Onaíìùre auffi qu’il passe, en remontant la Saône,yoo bateaux par année chargés de différentes marchandises venant de Lyon ;une partie de ces marchandises pourroit remonter le nouveau canal jusqu’àDijon ; ces bateaux peuvent être chargés de y o à 60 milliers en remontant,Sc du double en descendant.
Le commerce de Seur & de Verdun consiste en fer, bled, avoine & foin,que l’on descend à Lyon ; ce commerce pourra se diriger par le nouveau canalvers Paris Sc Rouen, Sc les Négocians de cette ville désirent cet établissement,qui leur laifferoit la liberté de choisir le côté le plus avantageux \pour leurcommerce ; ils se plaignent présentement que n’ayant pas d’autre débouché queLyon pour le débit de leurs marchandises, les Négocians de cette ville leurfont la loi, faute de concurrence.
295. Il peut passer à Chalion 2y mille quintaux de marchandises venantde 1 Océan pour Lyon Sc les Provinces voisines , savoir, des épiceries , des boisde teinture, gomme Sc autres drogues , de la marée salée, des draps de Cham-pagne & de Flandres, de la mercerie; on y embarque aussi quatre millionspesant de fer venant de Bourgogne Sc des forges qui font les moins à portéede la partie supérieure de la Saône ; environ 5 a 6 cents milliers de chanvrevenant de la Champagne , de i’Auxois & la Bourgogne, lesquels font destinéspour Marseille & Toulon ; environ y o bateaux de bled contenant chacun 3 00bichets, du poids de 277 livres le bichet, & en total pour chaque bateau 82500
livres.