CANAL DE BOURGOGNE. 243
bien dédommagé, en considérant sépargne de près de trois millions qui doit enréíuiter par année fur le prix du traníport des marchandises de 4000 bateaux ,
& principalement par la suppression des chevaux , & la rentrée au profit dela société du terrein immense que son employé actuellement à leur nourritureG omme nous savons fait observer (290).
29^. Après le rapport de M. Perronet & de M. Chezy dont je viens dedonner la plus grande partie , il íè passa quelques années íàns qu’on pût assignerdes fonds pour cette grande entreprise; enfin le Roi, par des Arrêts du Con-seil du 7 Septembre 1773, & du 9 Août 1774, ordonna qu il íèroit répartipendant les années 1774 & 1775, au marc la livre de la capitation, une sommede 419873 livres, íur toutes les Généralités de pays (sélections & pays con-quis, pour être employée aux ouvrages du canal de Picardie & de celui deBourgogne. Par un autre Arrêt du Conseil du premier Août 1775 , en y réu-nifiant des impositions particulières , qui avoient été ordonnées dans les Géné-ralités d’Auch, Lyon, Montauban & Bordeaux, pour dissérens travaux con-cernant la navigation, il est dit, qu’à compter de l’année r776, il fera imposé800000 livres íur les pays d’élection & pays conquis, pour être employées íànsdivertistèment aux travaux du canal de Picardie, de celui de Bourgogne, dela navigation de la Charente , & autres ouvrages de cette nature , destinés auxprogrès de la navigation dans les différentes Provinces du Royaume.
En conséquence on a mis la main à sœuvre en 1775 , on y a envoyé quatrecompagnies d’ouvriers Soldats Provinciaux, & son a creusé une partie de prèsde deux mille toises, vers Brienon-sArchevêque près de la rivière d’Avrolies,
2 83 milles de Paris , & quelques autres parties.
Mais le projet du canal entier n est pas encore absolument déterminé dansses détails; on ne s’occupera d’abordque de la partie qui s’étend depuis f Yonnejusqu à Tonnerre, íur un eípace de 21 milles & demi, & nous ne pouvonsparler ici qu’à-peu-près de la route que M. Perronet se propose de íuivre, &que M. Chezy a vérifiée ; les circonstances locales pourront faire prendre larive droite ou la rive gauche, faire élever ou enterrer plus ou moins le canal,
& changer peut-être le point de partage qu’on a choisi.
Le canal commence à la Roche, cinq milles au-deíïus de Joigny, à 78 milles R 0U teducanal,de Paris, suivant les bornes milliaires qui ont été plantées depuis quelques an-nées ; il y aura un port à la Roche, à feutrée du canal vers l’embouchure de1 Armançon. Au lieu de se servir dune partie de cette rivière, comme on sa-v oit projetté , M. Perronet a trouvé nécessaire de prolonger le canal même,
Entre f Yonne & B rienond’Archevêque, en côtoyant s Armançon. Là on trouve1 embouchure de l’Avrolles que l’on pasièra íur un aqueduc dune feule archeBe 24 pieds , & l’on construira un pont à Saint Florentin, 88 milles de Paris; ily aura un pont aqueduc íur i’Armance qui íe jette dans sArmançòn , cet aque-duc sera de trois arches, & de dix pieds de hauteur. On y formera un port pourles barques ; de là le canal passera à Germigny, qui est à 93 milles de Paris &en-íuite a Tonnerre, 101 milles. Au-defius de cette ville à 273 toises du grand che-^in, le canal recevra ses eaux de i’Armançon. Il y aura aussi un bassin ou port