246 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. IX.
avant que cTêtre mise en place, parce que l’on est obligé de la tirer de Tonnerre,Sc qu’il n’y a même dans ces carrières que le banc du milieu qui résiste à lagelée , & qui par conséquent soit propre à ces sortes d’ouvrages. Le grès yrevient à trois livres le pied cube, Sc le moellon à 70 livres la toise cube.
Parmi les machines que M. de Laveyne se propose d’employer dans ses épui-íèmens, j’ai remarqué des chapelets inclinés, de 24 pieds de long, dont les chaî-nons font de bois, Sc les pi palettes de neuf pouces Sc demi íur six ; on élevepar leur moyen, à dix pieds de hauteur 1600 pieds cubes d’eau par heure ,au moyen de 200 hommes qui travaillent dix à la fois, & qui se relèventd’heure en heure. Au reste M. de Laveyne íè propose de décrire Sc de destinertous les travaux intérestans du canal, toutes les difficultés qui se seront présen-tées , Sc les moyens qu’on aura employés pour les vaincre ; il en résultera unouvrage bien important íur cette matière, qu’on n’a point encore traitée avecassez de détail, Sc fur laquelle j’aurois bien voulu être à portée de ní'étendredans cet Ouvrage.
canal ducw- 298. Le canal du CHAHOLLOI8, ou le projet de jonction entre la Saône& la Loire par la Dehune, la Bourbince Sc les étangs de Longpendu, est un deceux qui a eu le plus de célébrité; il a été plusieurs fois íur le point ' d’êtreexécuté, (265-267) Sc M. Thomassin qui s’en occupa une partie de fa vie ledéfendit avec la plus grande chaleur dans divers ouvrages qui ont fait du bruitdans leur temps. On lit dans quelques Auteurs qu’il íut question de ce canaldès le temps de François I, en 1515, Sc que Henri II avoir même commencéà y faire travailler. Sully en avoit eu le projet en 1605 dans le même tempsque l’on commença de s occuper du canal de Briare. Peu de temps après PierreJeannin, Contrôleur général des Finances, chargea M. de Mery, Intendant desFinances, d’examiner les différens projets de jonction, qui avoient été pro-posés pour la Bourgogne , & il y a lieu de croire que la communication de laSaône à la Loire parut préférable, puisqu’on commença par le canal de Briarequi se lioit avec celui du Charoliois.
Charles Bernard, dans fa Conjonction des mers publiée en 1613, Sc que nousavons citée (266) , rapporte que tous ceux qu’on avoit chargés a examiner lesprojets de jonction, avoient fait cas de celui-là. En effet, en 1612, M. Descure,Intendant des levées Sc turcies de la Loire , fut envoyé par ordre du Roi pourexaminer la Dehune Sc la Bourbince, ainsi que les étangs de Longpendu , Scpour vérifier s’il étoit possible de joindre la Saône à la Loire par le Charoliois.
ifi d, &\ C 64° nen fit ion rapport le 28 Décembre 1612. M. Beguillet en aune copie,
Sc c’est de lui que je tiens cette anecdote. M. Descure attesta la possibilité duprojet; le Roi en ordonna l’exécution, Sc l’année íuivante 1613 , on convintavec un Entrepreneur moyennant la íomme de 800000 livres.
La rivière d’Aroux étoit aussi comprise dans ce marché, Sc l’on devoit larendre navigable depuis Autun jusqu’à la Loire ; mais le malheur des temp sne permit pas de suivre ce projet. En 1627, le Marquis d’Effiat fit des effortsinutiles pour le faire revivre. Cependant en 1632, il y eut un autre Procès-verbal fait par Denis Girard, Lieutenant Général du Charoliois, Sc Poitevin,