CANAL DE BOURGOGNE. 245
plus considérable à raiíbn de la hauteur ; il aura par-tout cinq pieds d’eau , &deux & demi de banquette; la largeur fera de cinq toises au bond, L de dixtoises à la hauteur des banquettes ou du tirage. Les barques dans sétiage de1 Yonne ne prennent que 13 pouces d’eau, eníorte qu’elles trouveront dansle canal beaucoup plus d’eau qu’il n en faut pour cette navigation.
La partie du canal qui s’étend depuis la rivière d’Yonne jusqu’au-deflùs deTonnerre fur une longueur de 2155 5 toises, est celle que l’on entreprend determiner, avant que de pouffer le canal jusques dans la montagne , ce qui exi-gera encore bien des années. Cette première partie servira au commerce, endiminuant le trajet par terre : i’Armançon & l’Armance servent déja au flottagedes bois; mais au moyen du nouveau canal, on pourra former des trains debois à Saint Florentin & même plus haut, comme on le fait actuellement àBrienon. On pourra aussi transporter les bois à Paris dans des bateaux ; ce quiest utile, parce que le bois neuf chauffe mieux que le bois flotté, & sc vendplus cher.
Il y aura fur les 2.1555 toises 146 pieds de chute, 18 écluses; on y consitraira 69 ponts & deux aqueducs principaux, celui de i’Avrolles & celui del’Armance.
Le canal aura la superficie de íés eaux au niveau des baflés eaux de l’Yonne,afin que la rivière serve à alimenter la partie inférieure du canal ; au reste lescirconstances feront donner plus ou moins d’élévation au canal dans ses diffé-rentes parties.
29 j. Dans l’été de 1775 , on a commencé à mettre do o Ouvriers danscette partie du canal; ils étoient divisés en trois atteliers, le premier auprèsde Brienon jusqu’au moulin de Frecambeau , où il y a déja 1500 toisés d’exca-Vation , le deuxième entre Saint Florentin & Flogny, & le troisième vers Ger-migny près de l’ancien camp de César; les ouvriers Soldats Provinciaux y fontemployés au nombre de trois compagnies, l’on se proposoit d’y en ajouter troisautres pour la campagne de 1776, que l’on devoit commencer parla fonda-tion de deux écluses vers Brienon.
Mais en 1776 il n’y a eu que 140 milles livres de fonds appliqués au canalde Bourgogne, les travaux de la Charente vers Angoulême ayant exigé dessommes considérables; je n’y ai vu que 400 Travailleurs, les trois atteliersétoient, un à Flogny , & deux à Saint Florentin : on a fait une coupure dela rivière d’Armançon qui étoit très-changeante & dangereuse, pour lui don-ner un lit déterminé fur une longueur de 1200 toises; on s’occupe dans cetteannée 1777, à tracer les profils plus exactement qu’on ne l’avoit fait juíqu’ici.
M. de Laveyne, Ingénieur, qui a la direction immédiate du canal, est celuiSstsi conduisoit depuis douze ans les travaux du port de Cherbourg ; il y a faitconstruire une prodigieuse écluse de 40 pieds d’ouverture, & de 27 toisés delongueur, qui a coûté 800 mille francs, & qui est un des plus grands ouvragesde ce genre que l’on ait encore exécutés.
L on employera dans les travaux du canal beaucoup de briques, la pierree tantdun prix très-haut; elle revient à 44 fols le pied cube du côté de Brienon
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