CANAL DE BOURGOGNE. 249
puisse nuire à la réunion de ces eaux dans les parties qui íèroient supérieuresaux étangs actuels. M. Thomaísin, d’aiHeurs, n a point donné de devis ni debétails , il n’a point indiqué le meíurage des eaux qu’ii comptoir rassembler auPoint de partage; mais M. Beguillet qui a ses papiers entre les mains, pourraR °us donner là-destus de plus grands éclaircisièmens. Suivant son calcul, onpourroit ménager ou réunir plus de cinq cents mille toises cubes d’eau, ce quifourniroit au p adage de 4000 bateaux par année. Il ne portoit la dépeníè deCe canal qu a 10 millions, Sc il trouvoit quii produiroit plus de f00000 liv.de revenu.
303. Si on ne manquoit point d eau au point de partage, il paroît que sexe-cution de ce canal pourroit avoir lieu. Il ouvrirait, comme celui de Bourgognepar Pouilly, la communication aux deux mers par la Seine Sc la Saône en sui-vant les canaux de Loing Sc de Briare ; il aurait de plus 1 avantage d’être moitiémoins long, d’épargner environ la moitié de la dépeníè, & de communiquera la Loire ; mais on peut enviíàger d’un autre côté plusieurs inconvéniens essen-tiels auxquels le canal de Bourgogne ne fera point exposé. Le canal de Briaremanque souvent d’eau, comme nous le dirons dans la íuite. Celui d’Orléansne pourroit suppléer à celui de Briare, à cause du raiongement de 26 millesqui en réíuìteroit, ce qui est considérable, vu que le trajet total de Lyon à Parispar les étangs de Longpetidu , íèroit de 3 3 8 milles en paíïant par le canal deBriare , bien plus considérable que par le canal de Bourgogne (289).
Les droits du canal de Briare St de Loing, qui íont de dix livres par millierpesant pour les épiceries, font auffi beaucoup à considérer,íur-tout si on a des-sein d’en affranchir le canal de Bourgogne, & de n’y établir qu un droit pourson entretien, lequel pourra íuffire en le fixant à dix sols par millier.*
De Briare à Digouin en remontant la Loire, dont la distance est de 98 milles,la navigation est assez libre en tout temps; mais elle est pénible & dispendieuse,à cause de la rapidité de la Loire, Sc parce quii n’y a point de chemin de hal-lage pour les chevaux. On y employé des hommes au défaut du vent; il enfaut dix & quelquefois plus pour chaque bateau, Sc ils ne font qu’environ unelieue Sc demie ou deux lieues par jour. La descente est plus aisée en été : ilfaut cependant quinze Sc 20 jours pour le même trajet. Les bateaux qui portent30 ou 40 milliers’ prennent 14 pouces d’eau, il ne s’en trouve que dix poucesen plusieurs endroits ; les Mariniers pour lors se procurent de seau avec deschevalets Sc des pelles, dont ils se servent pour ranger le sable; ce n’est quequand seau est plus haute, & le temps favorable , que les mêmes bateaux por-tent jufqu’à 80 milliers , Sc font le trajet en quatre Sc cinq jours en descendant.
Les droits des canaux Sc la difficulté de remonter la Loire obligent les Mar-chands de laisser à Paris les bateaux de lapin ou de chêne , nommés Thones ,Bont ils se servent pour conduire les marchandises : ces bateaux coûtent environ
* Sur l e pied de dix fols par millier, un bateaupayeroit au moins 40 livres, & 4000 bateaux que* on estime q u j pourront passer par ce canal comme
ur celui de Loing , indépendamment de ceux qui re- __
Conteront à vide , & que l’on évalue au quart, pro~ I livres.
duiront 1 60000 livres : les canaux de Briare & deLoing ne coûtent, soit pour les écluses & frais d’en-tretien, à ce que l’on prétend, que 70000 livres ;le canal de Bourgogne couteroit à proportion 1 yoooo
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