2§o CANAUX DE NAVIGATION, Chap. IX.
300 livres, on les revend à Paris, pour les déchirer, do livres, c’est 24 0livres de perte, qui étant distribuées fur environ 80 milliers que peuvent com-munément porter ces bateaux, donnent 3 livres par millier. On doit craindreà la vérité, que cet inconvénient n ait également lieu pour le plus grand nom-bre des bateaux fur le canal de Bourgogne, faute de commerce suffisant deParis à Lyon ; mais il y aura au moins le retour des futailles & quelques autresmarchandises, dont la franchise des droits fur le nouveau canal pourra ouvrirSc favoriser le commerce, & que les Provinces Méridionales tireront de l’Océan.
304. La communication du canal de Bourgogne avec la Loire ne feroit pasaufíì avantageuse qu’à la première inspection elle pourroit le paroître , vu quecette rivière sert déja au commmerce de Lyon à Paris, au moyen d’un seultransport par terre de 36 milles entre Lyon & Roane , où l’on vient embar-quer les marchandises pour les conduire en droiture à Paris, par les canaux deBriare Sc de Loing. C’est par ces mêmes canaux , Sc par celui d’Orléans quele commerce de toute la Loire depuis Nantes, celui de l’Allier Sc des autresrivières navigables, peuvent fe faire avec Paris, Sc réciproquement, autant que lepermet la difficulté de la Loire, fur- tout jufqu’à Orléans, où l’onne peut remon-ter qu’à la voile ; mais en íùppofant que le canal de Charoilois soit faisable ,les Commerçans de Lyon auroient-ils intérêt à y faire passer leurs marchandi-ses par préférence à la route de Roane. La distance de Lyon au port de Cho-vort en remontant la Saône est de 82 milles, la longueur du canal jufquà Di-gouin de 60 milles , 8c en total 142 milles , au lieu de 65 milles qu’il y a endroiture de Lyon à Digouin par Roane, dont 36 milles par terre , Sc le resteen descendant la Loire, ce qui donneroit 77 milles de plus en suivant le canal.
Le prix du transport de Lyon à Chovort feroit de 12 livres ; de plus sixlivres quinze sols de droits fur la Saône pour un millier pesant d’épicerie ; nousne porterons qu’à cinq fols la traverse du canal, c’est en total pour le millier,
15? livres: on employeroit 8 à 10 jours pour ce trajet.
11 n’en coûte que 13 livres par millier pour le transport par terre de Lyon àRoane, Sc cinq livres pour descendre à Digouin, en total 18 livres. On necroit pas qu’il y ait des droits considérables à payer íùr cette partie de la Loire.Il ne faut que quatre ou cinq jours au plus pour ce trajet, il semble donc qu’ily auroit du désavantage à passer par le canal de Chovort à Digouin.
En íuppoíànt d’un autre côté que Ton vînt à ôter les droits de la Saône, ily auroit pour lors cinq livres quinze fols de profit par millier, à suivre le canal ;mais le retard fur le trajet feroit toujours ,dè quatre ou cinq jours, ce qui pour-roit encore faire donner la préférence à la route par Roane, au moins pour lesmarchandises pressées, lorsque la Loire feroit praticable.
305. Ce canal du Charoilois feroit principalement utile pour une partie dela Franche-Comté, ÔC celles de la Bourgogne & du Charoilois , qui avoisine-roient le haut de la Saône Sc le cours du canal; mais pour les vins provenansdu Challonois, du Mâconnois Sc des environs de Digouin, dont la quantité peissaller a 15000 pieces par année, ce qui forme le principal commerce de cettepartie de la Bourgogne avec Paris, il y auroit un transport d’environ dix milles