CANAL DE BOURGOGNE. 2yi
a faire par terre pour aller joindre ce canal, Sc sépargne sor le reste du tra-jet jusqu a Digouin, dont la distance n’auroit plus qu’environ 28 milles, neferoit pas bien intéressante , parce que ce font des bœufs qui sont employéspar entrepôt de deux & trois lieues à faire ce transport, Sc à bon compte *.
La Jonchère avoir dé j a fait à Thomaíïìn une partie de ces objections : leP e u sseau, la mauvaise qualité du terrein pour y conduire des eaux étrangè-re s, la difficulté , ou plutôt fimpossibilité que des canaux puissent sebfsterdans des vallons très-rapides, garnis de rochers, & fort resserrés dans des en-droits aux pieds des deux coteaux. Il répondit assez mal à ces difficultés, parceHu il étoit plus habile à détruire qu à édifier ; mais il eut la prudence de ne paspublier son plan entier ; car la Jonchère l’eût battu avec les mêmes armes;
Ce pendant il en dit assez dans son terrible factum, pour laisser voir que le pro-J e t de Thomassm étoit sojet à de grandes difficultés. Il lui objecte, sor-tout,
L pauvreté du pays , qui ne produit sor 12 à 1 y lieues carrées , ni vin ,ru froment ; mais seulement du mauvais seigle de deux années lune. Thomasfin, dans ses lettres sor les canaux, observe que ce canal fourniroit un débou-ché pour une quantité de bois qui serviroit à I’approvisionnement de Paris, Scpour beaucoup de vins qui croissent le long de la Dehune jusqu’à la Saône ;ruais cet avantage même lui étoit contesté par ses adversaires.
30 6. D’après toutes ces considérations, M. Perronet Sc M. Chezy ont jugéqu’il ne convenoit point de construire le canal par les étangs de Longpendu ;qu’il seroit dune trop petite utilité pour le commerce de Lyon à Paris, Sc mêmepour celui de Bourgogne. M. de Villedieu-de-Torcy Conseiller au Parlementde Bourgogne, a fait un dernier effort depuis quelques années, pour accréditerse projet du canal de Charoliois, Sc son mémoire a été imprimé en 1775 ; maisd a été soffiíàmment reconnu que le canal de Bourgogne méritoit la préfé-rence, Sc nous avons vu quelle venoit d’être consacrée par l’entreprise destravaux, qui font commencés & qui se continuent depuis 177y, vers Saint Flo-rentin Sc Tonnerre (297).
307. M. Abeille, en faisant ses projets du canal de Bourgogne (277), avoir Atm-eprow<?eauffi proposé de faire un canal de communication depuis le point de partage roiiois.
de Pouiliy jusqu à Digouin sor la Loire, en soivant la rivière d’Aroux qui passea Autun, sur une longueur de 72 milles; cette branche de canal seroitpossible , Sc utile au pays quelle traverseroit, Sc son s’occupe en 1777 à for-ger une Compagnie pour rendre navigable la rivière d’Aroux, depuis Autunjusqu’à la Loire.
308. On a proposé une communication semblable entre l’Yonne Sc la Loireau travers du Nivernois. Je trouve dans les Manuscrits de la Bibliothèque du Roi,
( v °f 646 des MJf. de Dupuy , vers la fin) , un avis proposé sous Louis XIII :t( A nos Seigneurs les Députés des Provinces, assemblés à Paris par le comman- «dément du Roi, par Jean du Gert, Maître des digues de France, touchant la «conjonction des deux mers; ladite conjonction se fera au pays de l’Auxois, par «
* Le transp or!; t V un e pièce de vin pour trois lieues ou sept milles, ne coute ordinairement que douze1 Quinze fols.