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CANAUX DE NAVIGATION, Chap. X.
un avantage également précieux pour la facilité du transport des troupes &des munitions de guerre dont ces Provinces seroient soulagées.
M. de la Chiche , Ingénieur du Roi à Wissembourg, avoir donné en 1753 ,des mémoires à ce sujet ; il en sut question de nouveau en 1764 & en 1773.l M. Bertrand , Ingénieur en chef de la Franche-Comté étoit bien en état de
vérifier ce projet. M. de la Coré engagea s Académie de Besançon à proposerpour le íujet duprixdes arts de 1770, le projet de cette importante jonction ; celaproduisit des diíîertations intéreíîàntes ; mais iiauroit fallu des plans & des devis.Le Doubs, en remontant de Besançon à Montbeiliard, est reserré dans des mon-tagnes, le fond en est inégal & rempli de rochers, & l'on ne sait pas encorel’étendue des difficultés que l’on y rencontreroit.
310. La première partie de ce projet seroit de rendre le Doubs navigable,au moins depuis Besançon jusqu’à Crifisey 3 milles au-dessous de Dole, fur unelongueur de 30 milles, parce que depuis Crissey à Verdun, où le Doubs sejette dans la Saône, son lit contient assez d eau pour être navigable en toutNavigation du temps. Gollut assure que le Doubs a été navigable, p. 78, édition de iyp2.
Il cite Strabon, & un ancien titre , suivant lequel Sainte Helene ayant fait em-barquer à Rome des marbres & des bronzes pour décorer la Métropole deBesançon, ils remontèrent le Rhône , la Saône & le. Doubs ; mais ce charge-ment périt dans un goufre. , , *
Il n y a pas long-temps qu’on remontoir jusqu’à Dole; mais on ne va plusque jusqu’à Crissey qui est à trois milles plus bas ; les sables de la Loue con-tribuent beaucoup à i’encombrement du Doubs; suivant le devis fait en 1766il en devoir coûter au moins 400 mille francs pour refaire à neuf 21 portièresfaites vers 1733,pour le flottage des bois, aux écluses des moulins, pour leschemins de tirage, les ponts, les çscarpemens de rochers à 30 pieds de largueur,fur deux pieds de hauteur. Les sieurs Grandmont, père & fils, anciens Entre-preneurs des voitures par eau des bois de marine à Mercey-íur-Saône dans leBaillage de Cray, qui pratiquoient la rivière depuis un siècle de père en fils,& la Rivoire, Négociant de Lyon , se soumirent à exécuter ces ouvrages entrois ans, moyennant ces 400 mille livres, & le privilège exclusif de cettenavigation pour 25 ans, qu’ils offrirent de faire à 4 livres le quintal, poids deLyon ; ils offroient même de fournir la somme entière , moyennant la franchisede tous droits & octrois íur les marchandises qu’ils conduiroient par eau deLyon à Besançon.
La montagne de Chaudane qui commence àTaragnaux, & qu’il faudroitouvrir à la largeur de 20 pieds íur 800 toises de long , est le plus grand obs-tacle à cette entreprise.' Il faudroit aussi ouvrir des bancs de rochers en neufendroits , enlever dix bancs de fable, & esserter les bords de la rivière de 20pieds pour la tirée des chevaux; on objectoit auffi qu’il se trouve fur la rivière21 digues servant à des forges & à des moulins; que cette rivière íèroit tou-jours difficile à naviguer , à cause de íès istes & de íes changemens de lit, sur-tout depuis Navilly, situé six à sept milles au-deffiis de Verdun où elle se jettedans la Saône, jusqu à Crissey, ce qui a empêché anciennement que cette
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