278 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XI.
forme des marais qui nuisent à la salubrité de i’air, M. Vaultier, Inspecteur duCommerce, proposoit en 1762 d’en faire le dessèchement. En 1762 les ha-bitans de Saint Aventin, à deux lieues de Troyes , envoyèrent un Député àParis , pour demander qu’ii fût fait des réparations à la Seine , qui étant sor-tie de Ion lit & s’en étant ouvert un autre, avoit causé les plus grands dom-mages dans le pays.
z57' Dans le même temps, M. Macary présenta un projet pour rendre navi-gable en tout temps toutes les rivières de France, dessécher des marais, Scfaire des canaux de communication dans tous les lieux où l'on pourroit enpratiquer; prétendant qu’il avoit un moyen fur de trouver tous les fonds néces-saires à ces travaux íàns quil en coûtât rien au Roi , & des machines propresà faciliter ces travaux. Il avoit obtenu en 1745 un privilège pour ces machi-nes ; mais il n’avoit pu en faire jufqu’alors que peu d’usage. Il vouloir commen-cer par la Marne , la Seine Sc l’Yonne; mais on n'eût pas assez de confiancedans ce Machiniste pour lui confier de fi vastes entreprises.
Rmered’Aube. 358. La riviere d’Aube, l’un des affluans de la Seine , pourroit aussi êtrerendue navigable beaucoup plus haut quelle ne l’a été jufqu’ici, & cela feroittrès-utile ; cette rivière vient des environs de Langres ; elle passe à Rar-íùr-Aube, à Magnicourt 15 milles plus bas, puis à Arcy 15 milles plus loin,& tombe dans la Seine à Marcilly 18 milles au-deíïous d’Arcy, 4 milles au-dessous d’Anglure, & 8 milles au-destus de Nogent-íur-Seine. En 1674, il yeut une adjudication des ouvrages à faire pour rendre l’Aube navigable depuisMagnicourt jusqu à la Seine; ces travaux surent exécutés, on les perfectionnaen 1741 ; il en coûta pour lors 30 milles livres pour les réparations faitesau canal des moulins d’Anglure ; cette somme fut payée par la Province deChampagne, par les Mariniers & par le Seigneur d’Anglure, à qui ion accordades droits depaílàge aux vannes de ses moulins. Depuis ces travaux, les Mar-chands d’Arcy qui n’ont point de bois de construction dans leur pays, font des-cendre journellement íùr la rivière depuis Magnicourt, des bois & des bateauxqui vont jufqu’à Paris.
Il feroit facile d’étendre cette navigation jufqu’à Bar-íùr-Aube; la rivièrey forme un canal naturel de 120 pieds de large & de fix de profondeuravec un baíîîn, & elle renferme assez d’eau pour porter de grands bateauxpendant huit mois de 1 année. Il s’agiroit de nettoyer le lit de la rivière juf-qu’à Magnicourt, de construire quelques permis pour éléver les eaux, d’élar-gir & de redresser les vannes des moulins.
On estime qssil y auroit 2 do mille livres par an à épargner fur les voitu-res : les marchés de Bar-fur-Aube font les plus forts de la Champagne pour lavente des grains, qui íè distribuent ou vers Paris, ou vers les Provinces méri-dionales ; il en íort toutes les années 12 à 15 cents muids d’avoine pour Paris,il en coûte pour la voiture jufqu’à Arcy 24 livres par muid, & il n’en coû-teroit pas 6 livres par eau. Le Vallage & le Baíîigny font des sources inépui-sables pour les grains ; mais il en coûte 2 livres par feptier pour la voiture jusqu’à Arcy, & fur 40 mille feptiers il y auroit une épargne de 60 mille livres.