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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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MARNE, SEINE. 279

Le vignoble de Bar-fnr-Aube produit 35 mille muids de vin; mais il encoûte 17 livres de voiture jusqu a Paris, Sc fur dix mille muids, il y auroit 120mille livres par année à épargner.

On estime quil y auroit 3 6 mille livres dépargne fur les voitures des fersqui fe fabriquent dans les forges de Champagne. Enfin il paste à Bar-fur-Aube602 chariots de boistelerie, ou menus ouvrages en bois, 200 de meules deLangres pour les Couteliers, Sc il y a une épargne de 20 livres par char-riot. Tout cela fait voir combien les travaux qu on entreprendroit pour ren-dre f Aube navigable feroient utiles au Commerce.

359. En descendant la Seine vers Paris, on trouve une petite rivière appei-lée la Voulsye qui paste à Provins, Sc pour laquelle on a formé depuis long-temps des projets. Cette rivière a la propriété de ne geler jamais. On voit prèsde Provins des vestiges d un ancien canal qu on cròit avoir été construit parles Romains , il fer voit à Tubage des moulins, afin que la navigation ifen fûtpoint interrompue. On voit auífi à Provins des débris dune vieille tour qu onnomme encore la Tour du port , ainsi tout annonce que Ton se st occupé decette navigation. Il étoit naturel de desirer que les rivières des environs deParis fuífent rendues navigables pour futilité de cette grande ville : par unArrêt du Conseil du 30 Juillet 1665 , Sc des Lettres-Patentes du mois de No-vembre suivant, il avoit été concédé à perpétuité au sieur Dubuision de laMoustière, Commandant du Régiment dAbouville, le privilège de rendre laVoulsye navigable, depuis Provins jusqu a la Seine, fur une longueur de dixmilles, Sc dy percevoir à perpétuité des droits qui font détaillés parle tarifinféré dans ce privilège, enregistré au Parlement le 23 Août 1668.

Les travaux pour établir cette navigation furent faits , comme on le voit dansle Dictionnaire du Commerce ( Tom. 1 pag. 28 ) , mais ils furent abandonnésbientôt après par les divisions Sc les procès ; Sc dès 1680 , on ny navigeoit plus.Cependant M. de la Moustière y avoit dépensé environ 300000 livres.

M. le Maréchal de Vauban examina ensuite ce qu il y avoit à faire pourcette petite navigation. Suivant íòn devis estimatif en date du íèpt Juin 1700,lequel est imprimé, il ne devroit coûter que 359999 livres; mais au lieu desoccuper à rendre la Voulsye navigable , conformément à ce qui étoit portepar les Arrêts , Sc Lettres-Patentes de 1665, M. de Vauban crut devoir aban-donner les ouvrages qui avoient été faits inutilement pour y parvenir ; il pro-posa douvrir un canal, aligné par le plus court chemin, Sc de construiretrois sas déclufes, ayant chacun huit pieds de chûte , le tout fur 8200 toisesde longueur , ce qui feroit 1800 toises de moins qu en suivant la rivière. Lepetit-fils de M. Dubuiston publia en 1741 un Mémoire pour accréditer ce pro-jet , Sc Ton en a parlé à diverses époques. M. Camus fut charge d examinerces plans. Il fut fait une estimation du même canal le 26 Octobre 1763, par lesieur Creté, Ingénieur du Roi, qui monte à 588270 livres. Il en a été fait uneautre par le sieur Lombard, Entrepreneur des batimens, montant, suivant iondétail du 20 Janvier 1764 , à 534598 livres. On étoit occupé alors à lever leplan de cette jonction, Sc Ton eípéroit que les francs-bords du canal pourroient

Canal dePrO'