Rivière d’Eure , 1
Aqueduc de Main*
tenon.
S94 CANAUX DË NAVIGATION,Chap. XI.
du réservoir du deísos de la Grotte de Versailles, & que l’étang de Bois-d’Arcyétoit plus haut que celui de Trappe de neuf pieds. Il marqua avec despiquets la conduite des eaux de Trappe qui se devoit faire à découvert jusques à l’endroit où il falloit percer la montagne de Sataury. Pour toutela longueur du chemin qui devoit être environ de 4000 toises, à cause desvallons qu il falloit côtoyer, on voulut qu’il ne prît que trois pieds de pente ,afin de conserver seau dans la plus grande hauteur qu’il seroit possible. IIavoit aussi marqué séparément la conduite des eaux de l’étang de Bois-d’Ar-ey, qui étoit plus courte que l’autre de près de la moitié ; mais on trouva àpropos de les joindre toutes deux ensemble.
On éleva les chaussées des étangs, on travailla à la conduite, & l’on fîten même temps un aqueduc de 750 toises au travers de la montagne de Sa-taury, à 14 toiles au-deíïòus du terrein le plus haut. Le ssiccès justifia l’exac-titude de ces nivellemens faits par M. Picard. Il étoit souvent remplacé par M.Borner, qui étoit aussi un Astronome célèbre de l’Académie des Sciences.
383. Le projet d’amener la rivière d’Eure à Versailles, parut dune exé-cution plus facile que celui de la Loire, & l’on s’en occupa beaucoup en1684 & dans les années suivantes. Cette rivière qui du Perche passe à Char-tres , 8c va tomber dans la Seine du côté de Rouen, est navigable depuisMaintenon ; elle servoit aux transports des bleds, vins , íèls, fers , bois, écor-ces, àc. mais elle exigeokdes portes marinières, des réparations , & quand onles négligeoit, le flotage des bois & diverses autres sources de dégradationsla rendoient impraticable. On parla en 1751 de l’abandonner, pour en éviterla dépeníè, on prit une autre route pour le transport des sels ; mais cetteroute coûtoit dix mille francs de plus à la Compagnie , qui d’ailleurs avoittraité avec les Propriétaires Riverains pour l’entretien de la rivière d’Eure,enjfòrte qu on étoit alors dans une espèce d’incertitude;mais il paroît que depuis1751 elle est restée impraticable , elle n’est plus d’aucun usage pour la navi-gation , st l’on en excepte un flotage assez mal suivi.
384. L’aqueduc de Maintenon étoit destiné à amener cette rivière à Ver-sailles; quoiqu’il n’ait jamais été fini, & qu il' ne fùt pas destiné a former uncanal de navigation, nous en parlerons ici comme d’un des plus grands ou-vrages qu’on ait jamais entrepris dans ce genre. On voit encore avec éton-nement cet immense aqueduc dans un vallon près de Maintenon à 24 millesde Versailles, & fur lequel la rivière d’Eure devoit passer ; on aflùre que lapartie qui est faite a coûté 22 millions; l’aqueduc a environ 450 toises de long& 45 pieds de largeur; le premier étage a 42 arches & 60 pieds de hauteur,il devoit être surmonté de deux autres, & le dernier étage auroit soutenula rivière à 220 pieds de hauteur sor 2560 toisos de longueur, pour joindreles deux collines. Les piles ont 24 pieds, & les ouvertures 40. Chaque pileest formée par quatre montans de pierre de taille ou de grès , l’entre-deuxest de moellon; les voûtes sont de brique, à l’exception des bords ou vives-arètes ; il y a encore une épaisseur de quatre pieds de briques au-deísos desvoûtes ; le tout étoit sormonté par des dalles avec une goutière au milieu. Ily avoit encore au devant de chaque pile des éperons ou çontre-piliers de stx