PICARDI E, FLANDRE. 315
les vins, le plâtre Sc toutes les marchandises se transportent de la Bourgogne& de Paris jusqu’en Flandre, avec la même difficulté.
Le service du Roi, & le bien des Provinces y font également intéressésOn íè souvient encore en Picardie de la guerre de 1742-48, où dans les tempsles plus importans pour f agriculture , les gens de la campagne étoient dé-tournés pour conduire à corvées par des chemins impraticables, les vivres,les fourrages Sc les munitions de guerre nécessaires à i’armée de Flandre.Le service se faisoit mal, les campagnes étoient désolées, Sc plusieurs annéesde paix ne furent pas suffisantes pour réparer les pertes de récoltes Sc dechevaux.
Les Arsenaux de Douay Sc de la Fère sè trouveront, pour ainsi dire , rap-prochés; enfin, en cas de guerre par mer, on trouveroit par le canal de Picar-die une communication facile , de la Flandre avec la Normandie, la Bretagne,ou les autres Provinces qui auroient besoin de secours.
413. M. Caignard de Marcy, Doyen honoraire des (conseillers du Bailliagede Saint-Quentin, premier Auteur Sc Privilégié du premier canal de Picardie,présenta un Mémoire au Roi en 1746, pour faire sentir futilité de ce nou-veau canal; il aíîùroit que depuis 30 ans, il en avoit médité les avantages;il offroit de former une Compagnie pour f exécution, Sc demandoit des Lettresde Noblesse pour récompense dune entreprise aussi importante à f Etat. Il futautorisé en 1747 à en faire faire les plans Sc devis : ce fut un nommé Tétart,Arpenteur royal à Saint-Quentin, qui fit le devis montant à la somme de2097800, pour tout f ouvrage depuis Saint-Quentin jusqu à Cambrai.
M. de Vicq, Ingénieur, qui avoit fait quelques années auparavant les plansSc devis de ce canal, n’estimoit que 13 à 14 cents mille livres pour le canal,quoiqu’il proposât de le faire passer fous la montagne ; les propositions de M.de Marcy furent examinées fur les lieux , M. deLucé, Intendant de Hainaut, futd’avis que les avantages ne compensoient pas la difficulté Sc la dépense decette entreprise.
Il se forma cependant une Compagnie sous la protection de M. le Maréchalde Chaulnes; mais le projet n eut point alors d’exécution. En 1766, M. le Ducde Choiseul, qui connoissoit Sc futilité de la chose , & les talens de M. Lau-rent , f engagea à visiter les lieux pour examiner la possibilité de f entreprise ;cet homme célèbre que nous regrettons aujourd'hui, étoit né à Auberchicourtprès de Bouchain, il s’intéressoit personnellement à f avantage de son pays, Scil donna tous ses foins à f examen de ces projets ; il reconnut que les hauteursqui se trouvent entre la Somme Sc f Escaut, étoient un obstacle a leur réu-nion, à cause de la grande dépense qu’il saudroitpour les couper, Sc le peud’eau que son y trouve. .Le Ministre ne s’en tint pas là, Sc M. Laurent retournaen Picardie f année suivante ; il recommença le nivellement de tous les pastà-ges ou de tous les vallons placés entre les deux rivières ; enfin il persista dansson avis, qu il étoit impossible de pratiquer un canal a découvert fans dépenserplus de 20 millions, & courir risque de manquer d eau; mais il jugea très-possible d opérer cette importante communication, par un canal souterrain
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