Canal ss Ancre,
Canal de la Som-me à l’Escauc.
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314 ' ' CANAUX DE NAVIGATION , C h a p. XII.
la vallée de Neuville, par Roíîigny, Lanchères & Onival ; i’idée de donnercette route à la Somme, avoit déja été proposée autrefois, dit-il, par un ha-bitant d’Abbeville ; mais avec quelque différence. ( M. Linguet pag. 64. )C’est fans doute M. Gatte dont nous avons parlé; mais f Auteur met dans ungrand jour les avantages qui en résulteroient pour les villes dAmiens Sc d’Ab-bevìlie, Sc les causes de la dépopulation de cette dernière ville.
41Z. M. le Marquis de Gouffier, avoit proposé en 1752, pour l’avantagede la ville d 5 Amiens , de rendre la rivière d’Ancre navigable, en réunissant larivière de Corbie & celle d’Heilly, qui font des parties de la rivière d’Ancre ,Sc d’en former un canal de quatre milles, paíîant à Heilly, à Bonnay & à laNeuville , jusqu a la rivière de Somme ; ensuite de désencombrer le canal de laBarette qui traverse la ville de Corbie, Sc qui alloit autrefois jusqu’à la Som-me, afin d’y mettre les moulins qui font íùr la rivière d 5 Ancre. Le canal d’An-cre pouvoit ensuite être ouvert jusqu à Albert, ce qui l’auroit rendu encoreplus utile.
L’Abbé 3c les Religieux de Corbie, dont il falloit détruire les moulins, s yopposèrent, 8c soutinrent que ce canal étoit inutile , qu en 1710 on avoit esti-mé la dépense de cent mille écus, Sc qu il ne seroit pas possible d’y trouverde l’avantage pour l’Entrepreneur. La ville d’Amiens soutint que ce canal luiseroit très-avantageux , en lui procurant des bleds , des bois, des tourbes, despierres & autres objets importans , qui viendroient de cette vallée, 3í qu’iiíeroit à souhaiter que tous les Seigneurs qui ont de pareilles communicationsavec la Somme, formassent des entreprises de cette espèce pour futilité pu-blique ; lavis de M. l’Intendant fut également favorable au projet ; M. Bom-par, Ingénieur des ponts ôc chaussées, jugea que les ouvrages étoient depeu de conséquence, Sc dune exécution facile.
Enfin en 1762, il y eut une convention par laquelle M. de Gousses íerestreignit à une partie de son projet, Sc l’Abbaye de Corbie consentit à l’exé-cution.
414. La troisième partie du canal de Picardie consiste à joindre la Som-me à l’Eícaut entre Saint-Quentin & Cambrai, pour continuer le long de l’Escaut, par Crevecœur, Cambrai Sc Bouchain juíqu’à. Valenciennes, où l’Eícautest navigable. On ira aussi pour lors depuis Bouchain par la Sanste ou SensetSc le canal du Moulinet , jusqu à ( la Scarpe au-destus de Douay, d’où cetterivière se trouve navigable jusqu’à l’Escaut; tout cela formera une navigationd’environ y o milles.
Le commerce de la Hollande avec Amiens , Rouen, Paris, Nantes, &tout l’intérieur du Royaume 9 íe fait par mer avec beaucoup de risques jusquesaux ports de mer , d’où l’on remonte avec peine les rivières : l’exécution en-tière du canal de Picardie procurera une correspondance intérieure plus courte,plus facile Sc moins périlleuse.
La Flandre, le Hainaut, la Picardie, en retireront des avantages considé-rables : les bleds, les fers, les huiles, les marbres , les charbons, les cendresse transportent journellement de la Flandre à Paris par terre Sc à grands frais;