318 CANAUX DE NAVIGATION,Ghap. XII.
travaux du canal souterrein , A Ton ne s’est plus occupé que de la partiequi est du côté de Bouchain le long de l’Escaut. En attendant, un Ingénieurdes ponts Sc chaussées a fait les nivelíemens du terrein dans les vallons cir-convoisins, où l'on pouvoit espérer de conduire le canal à découvert. Pourmoi, je me contenterai de rapporter les objections faites à M. de Lionne, avecses réponses.
418. Première objection : le terrein dans lequel le canal est percé ne íesoutiendra pas, ÔC s’il faut le voûter, la dépense sera énorme. Pour lever lesdoutes que l'on pouvoit avoir fur la consistance du terrein, M. Laurent sitexcaver en 1772, une partie en grand fur les dimensions de 20 pieds de haut& de 2 o pieds de large que doit avoir le canal ; elle s’est soutenue depuisquatre ans de manière à faire voir qu on pourroit très-bien se dispenser devoûter toute la longueur du percé, quoique l’on ait compté sur cette dépensedans le premier devis.
M. Laurent assure que le canal est creusé par-tout dans des bancs horizon-taux de pierre, très-épais Sc très-durs, qui ne peuvent s’ébouler; il est aise devérifier que fur toute la longueur de cinq milles qui est déja perforée, il nese trouve pas plus de mille toises à voûter.
Mais quand on íèroit obligé de voûter la totalité du canal souterrein, onne feroit que rentrer dans le premier projet de f Auteur, qui voyant qu’on pou-voit voûter en plein pour moins de deux millions Sc demi, n'avoit point étéarrêté par cette difficulté : les matériaux font aíîez communs dans le pays,pour que la maçonnerie soit aussi aisée à faire que le percé de la montagne 'Sc il n’y a guere de ville fortifiée, où il n’y ait des exemples de voûtes construites fous terre , fans décombler le dessus.
419. Seconde objection : il se fera fur le canal des filtrations considérables,qui détruiront la partie supérieure. A cet égard, M. Laurent observoit que lesfiltrations étoient plutôt utiles que dangereuses; elles ameneront de l’eau dansle canal comme on l’a déja éprouvé ; les eaux intérieures près le Haulcourtétoient de huit pieds plus hautes que le fond du canal, & de 2,5 à 30 piedsprès de Nauroy.
Ainsi les eaux au lieu de se rendre au haut de la voûte, viennent toutesrejoindre le niveau des eaux de la galierie, qui règle actuellement le niveaudes eaux du pays ; les puits des environs se déssechent ou s abaissent, & lasource même de f Escaut pourra bien diminuer au profit du canal. Les eauxqui viendront par en haut, ne sont que la partie qui tombe directement au-dessus des 20 pieds de largeur quelle aura, 8c elles font en trop petite quan-tité pour parvenir à la voûte au travers dune si grande épaisseur de terrein.
420. Troisième objection : il est plus commode Sc également possible d’o-pérer la communication de la Somme à l’Escaut, par un canal à découvert.Mais l’état des lieux par où il faudroit le faire passer, est la première choseque M. Laurent avoit constatée, avant que de se déterminer pour un souterreinqui effraie toujours au premier abord. Il avoit reconnu que les lieux les plusbas, où l’on pût conduire le canal, étoient encore beaucoup trop hauts, ScM. de Lionne s'en est aíîuré de nouveau.
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