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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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C A NA U X DE B R I A R E , & c . 331

par Môntargis , Sc se joint vers Cepoy, un mille au-dessous de cette ville, àla rivière de Loing, qui va se jetter eníuite dans la Seine, 28 milles plus loindu côté de Fontaineblau assez près de Moret ( 446 ), Les écluses de ce canal,qui font vraisemblablement les premières qu on ait exécutées en France, pourfaire monter Sc descendre les bateaux aux endroits óù il y a des chûtes, fontnourries par les eaux de plusieurs étangs qui répondent au point de partage ,situé entré la Loire Sc la rivière de Loing, ou entre Châtillon Sc Briare, ducôté de Rogny ; mais ces étangs ne fourniíîèrtt pas, dans les temps de séche-resse, assez d’eau pour une navigation régulière , Sc l'on ne trouve dans toutela longueur du canal aucune prise d’eau, ce qui fait qu’on n’a pas tiré de cecanal tout l’avantage qu’on s’en étoit promis ; il est cependant très-utile, commeon le verra bientôt ; mais on y employé des bateaux qui ne tirent que deuxpieds Sc demi ou trois pieds d’eau , Sc on les charge à proportion de l’eau quise trouve dans le canal en diverses saisons ; ou de celle qui se trouve dansla Loire, où il y a quelquefois encore moins d’eau, (303. 440)

La largeur du canal est fort inégale, elle est ordinairement de 24 à 30 piedsà la surface de l’eau, pour la largeur de deux bateaux, Sc dans d’autres endroitsil en pourroit tenir quatre ou cinq, quoique dans le même biez, On appelleBle[ , l’intervalle compris entre deux écluses, Sc qu’on appelle Retenue aucanal de Languedoc (po).

Les écluses ont 13 pieds & demi d’ouverture; elles se remplissent par lemoyen d’un aqueduc ou tambour de grosse maçonnerie , pratiqué à la tête dei’écluse, dont le plan forme un quart de cercle, à la tête duquel est un em-peliement de deux ou trois vannes ou venteiles, Sc non par des guichets pla-cés dans les portes comme au canal de Languedoc. II y a austì un tambourdans la maçonnerie d’en-bas, pour vider fécluse. On ouvre ces tambours avec descrics, ou avec des ringards, espèces de leviers de fer qu’on engage dans lestrous des queues d’empeilemens. Les portes s’ouvrent avec des flèches de 13à 14 pouces d ecarrissage, comme au canal de Languedoc.

Presque toutes les écluses du canal de Briare ne contiennent qu’un seul ba-teau ; l’expérience de plusieurs années a fait juger, à ceux qui en ont la direc-tion , que c’étoit le plus commode. Les bateaux pastènt avec plus de diligencelorsqu’une écluse n’en contient qu’un seul ; un bateau passe dans six minutesune écluse du canal de Briare ; Sc il faut demi-heure pour en faire passer quatrepar les grandes écluses du canal de Loing ; car quelque grande que soit l’é-cluse , les bateaux ne peuvent entrer ni sortir que l’un après l’autre , de forteque dans une demi-heure, cinq bateaux passent tine écluíè du canal de Briare,Sc dans le même eípace de temps, il ne pastè que quatre bateaux par une destróis grandes écluses du canal de Loing (436). Dans un canal oU leau est peuabondante, Sc où les pafíàges ne font pas continuels, il y auroit un retardementconsidérable , si toutes les écluses étoient austì vastes ; car pour faire passer Uneécluíe, il íaudroit attendre qu’il y eût quatre bateaux, de sorte que le pre-mier bateau qui arriveroit, íeróit obligé d’âttendre la moitié de la journée,avant qu il- y en eût quatre , le second Sc le troisième attendroient à proportion ;